Flyers et Parasites

Flyers et parasites chez Castaneda

extrait du livre  » Les passes magiques » de Carlos Castaneda…
Dans le corps, chaque centre énergétique laisse apparaître une concentration, une sorte de tourbillon d’énergie.
Pour l’observateur qui voit, elle semble tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, un peu comme dans un entonnoir.
La puissance d’un centre donné dépend de la force de ce mouvement. S’il est à peine perceptible, c’est que le centre est épuisé, vidé de son énergie.
Quand les sorciers des temps anciens examinaient le corps avec leur oeil qui VOIT, poursuivit don Juan, ils remarquaient la présence de ces vortex.
Poussés par la curiosité, ils en ont dressé une carte.
– Y a-t-il beaucoup de ces centres dans le corps, don Juan ? demandai-je.
– Des centaines, sinon des milliers ! assura-t-il.
On pourrait direque l’être humain n’est rien d’autre qu’un agglomérat de milliers de spirales tourbillonnantes, dont certaines si petites qu’elles ressemblent, disons, à des têtes d’épingle, mais des têtes d’épingle très importantes.
La plupart des vortex sont des tourbillons d’énergie.
Selon les cas, l’énergie les traverse librement ou y reste accrochée.
Mais il y en a six qui sont tellement grands qu’ils méritent une attention particulière. Ce sont les centres de vie et de vitalité. L’énergie n’y est jamais figée, mais parfois, l’apport énergétique est si faible que c’est à peine si le centre tourne.
Don Juan m’expliqua que ces énormes centres vitaux étaient situés en six régions du corps.
Il les énuméra par ordre d’importance, dans la conception des shamans.

  • Le premier se trouvait dans la région du foie et de la vésicule biliaire ;
  • le second au niveau du pancréas et de la rate ;
  • le troisième près des reins et des glandes surrénales ;
  • le quatrième était situé dans le creux à la base du cou ;
  • le cinquième était celui de la matrice et le sixième se situait au-dessus de la tête.

À en croire don Juan, le cinquième centre, qui ne concerne que les femmes, avait parfois une sorte d’énergie spéciale qui présentait aux yeux des sorciers une apparence liquide.
C’était une caractéristique que seules quelques femmes possédaient.
Sa fonction, semblait-il, était celle d’un filtre naturel qui arrêtait les influences parasites.
Le sixième, situé au sommet de la tête, avait quelque chose de très anormal, pour ne pas dire plus, dans la description qu’en donnait don Juan, qui d’ailleurs ne voulait rien avoir à faire avec ce centre.
Il le disait animé, non par un tourbillon d’énergie, comme les autres, mais par un mouvement pendulaire, d’avant en arrière, qui rappelait un peu le battement d’un coeur.
Pourquoi l’énergie de ce centre est-elle si différente, don Juan ? lui demandai-je.
– Ce sixième centre d’énergie n’appartient pas tout à fait à l’homme, dit-il.
Vois-tu, nous autres humains, nous sommes comme qui dirait assiégés.
Ce centre a été pris d’assaut par un envahisseur, un prédateur invisible. Et le seul moyen que nous avons de le vaincre, c’est de fortifier tous les autres centres.
– N’est-ce pas un peu paranoïaque, de se sentir ainsi assiégé, don Juan ? suggérai-je.
– Eh bien, pour toi, peut-être, mais certainement pas pour moi, répliqua-t-il.
Je vois l’énergie, et je vois que cette énergie, au-dessus du sommet de la tête, ne circule pas comme celle des autres centres.
Elle a cette oscillation d’avant en arrière, absolument répugnante, et absolument étrangère.
Je vois aussi que, chez un sorcier qui a réussi à vaincre la pensée, cette installation étrangère comme l’appellent les shamans, la fluctuation d’énergie dans ce centre est devenue exactement pareille à celle de tous les autres.

Ombres Noires et Corps de Souffrances

Difficile de ne pas faire de liens entre le concept de parasitage énergétique dont parlent les chamans de l’ancien Mexique dans les livres de Carlos Castaneda (les fameuses Ombres Noires ou Flyers) et le concept du Corps de souffrance dont nous parle Eckart Tollé.
Les lourdes ombres noires

Chapitre extrait du livre de Carlos Castaneda  » Le voyage définitif  »
(…) L’obscurité s’était installée très rapidement, et le feuillage des arbres qui, un instant plus tôt, était d’un vert éclatant, paraissait à présent beaucoup plus sombre et dense. Don Juan me dit que si je regardais avec une grande attention la couleur foncée du feuillage, sans focaliser mes yeux et avec une sorte de regard en coin, je verrais une ombre fugitive traverser mon champ de vision.
 » C’est le meilleur moment de la journée pour faire ce que je te demande. Il va te falloir un moment pour trouver en toi le degré d’attention nécessaire. Ne t’arrête pas avant d’avoir entrevu cette ombre noire. « 
Je vis effectivement se profiler une étrange ombre noire sur le feuillage des arbres, une ombre qui partait et revenait, puis diverses ombres évanescentes se déplaçant de droite à gauche, de gauche à droite, ou s’élevant très haut en l’air.
On aurait dit de gros poissons noirs, de gigantesques espadons volants. J’étais complètement absorbé par cette vision qui finit par m’effrayer. Il faisait désormais trop sombre pour voir le feuillage, mais je distinguais toujours ces ombres noires fugitives.
 » Qu’est-ce que c’est, don Juan ? Je vois des ombres noires s’agiter partout.
– C’est l’univers à l’état naturel, me répondit-il, l’univers incommensurable, non linéaire, délivré du joug de notre syntaxe.
Les sorciers mexicains d’autrefois furent les premiers à voir ces ombres et ils les suivirent partout. Ils les voyaient comme tu les vois, et ils les voyaient également sous forme d’énergie circulant dans l’univers. Et ils ont alors fait une incroyable découverte. « 
Il se tut et me regarda. Ses pauses étaient toujours très étudiées et il savait me tenir en haleine.
 » Qu’ont-ils découverts, don Juan ?
– Ils ont découvert que nous ne sommes pas seuls, me dit-il aussi clairement qu’il le put. Venu des profondeurs du cosmos, un prédateur est là, qui toute notre vie nous maintient sous son emprise.
Les êtres humains sont prisonniers et ce prédateurs est notre seigneur et maître. Il étouffe toute velléité de protestation ou d’indépendance et nous empêche d’agir librement. « 
L’obscurité alentour semblait réduire ma faculté d’expression. S’il avait fait jour, j’aurais éclaté de rire, mais en pleine nuit, je me sentais comme muselé, paralysé.
 » Il fait nuit noire, me dit don Juan, mais si tu regardes du coin de l’œil, tu vas continuer à voir ces ombres fugitives aller et venir autour de nous. « 
Il avait raison. Je pouvais toujours les voir et leurs mouvements me donnaient le tournis. Don Juan alluma la lumière, ce qui eut pour effet de tout dissiper.
 » Te voilà arrivé, grâce à tes seuls efforts, à ce qui était pour les anciens chamans le  » cœur du sujet « .
Je tourne autour du pot depuis longtemps en te laissant entendre que quelque chose nous retient prisonniers. Nous sommes effectivement tous prisonniers ! C’était un fait énergétique pour les sorciers d’autrefois.
– Pourquoi ce prédateur exerce-t-il ce pouvoir sur nous comme vous le dites, don Juan ? Il doit y avoir une explication logique !
– Il y a une explication, me répondit don Juan, qui est extrêmement simple. Ils nous tiennent sous leur emprise parce que nous sommes leur source de subsistance. Ils ont besoin de nous pour se nourrir, et c’est pour cela qu’ils nous pressurent implacablement. Exactement comme nous qui élevons des poulets pour les manger, ils nous élèvent dans des  » poulaillers  » humains pour ne jamais manquer de nourriture. « 
Je me sentit secouer négativement la tête. Je ne pouvais exprimer mon violent sentiment de malaise et de révolte, et mon corps s’agitait pour le faire remonter à la surface. Je tremblais de la tête aux pieds sans pouvoir me contrôler.  » Non, non, non, m’entendis-je dire. C’est absurde, don Juan ! Ce que vous dites est horrible. Cela ne peut tout simplement pas être vrai, ni pour les sorciers, ni pour des gens normaux, ni pour personne.
– Et pourquoi ? me répondit calmement don Juan. Pourquoi donc ? Parce que cela te met en fureur ?
– Oui, cela me met en fureur, répliquai-je. Ce sont des idées monstrueuses !
– Eh bien, je ne t’ai pas encore tout dit. Ecoute moi jusqu’au bout et on verra comment tu te sens.
Attention, je vais t’infliger un choc ! Ton esprit va subir de terribles attaques, et tu ne pourras pas fuir, parce que tu es pris au piège ; non parce que je te retiens prisonnier, mais parce que quelque chose en toi t’empêchera de partir, même si cela te rend fou de rage. Alors, rassemble tes forces ! « 
Don Juan avait raison. Je ne serais pas parti de chez lui pour un empire, et pourtant j’abominais toutes les idioties qu’il était en train de me débiter.
 » Je vais faire appel à ton esprit analytique, me dit don Juan. Réfléchis un moment, et dis-moi comment tu peux expliquer la contradiction entre, d’une part, l’intelligence de l’homme sur le plan scientifique et technique et, d’autre part, la stupidité de ses systèmes de croyances ou l’incohérence de son comportement.
Ce sont les prédateurs, disent les sorciers, qui nous ont imposé nos systèmes de croyance, nos idées sur le bien et le mal, nos mœurs sociales. Ce sont eux qui suscitent nos espoirs et nos attentes, nos rêves de succès ou notre peur de l’échec, eux encore qui insufflent dans notre esprit convoitise, avidité et lâcheté et qui le rendent prétentieux, routinier et égocentrique.
– Mais comment s’y prennent-ils, don Juan ? lui demandai-je, de plus en plus irrité par ses paroles. Ils nous chuchotent tout cela dans le creux de l’oreille pendant notre sommeil ?
– Non, ils ne procèdent pas aussi bêtement, me répondit don Juan en souriant. Ils sont extrêmement efficaces et organisés, et pour s’assurer de notre obéissance, de notre docilité et de notre apathie, ils ont accompli une manœuvre extraordinaire – extraordinaire, bien sûr, sur un plan stratégique, mais horrible du point de vue de ceux qui en sont victimes. Ils nous ont donné leur esprit !
Tu m’entends ? Les prédateurs ont remplacé notre esprit par le leur, qui est bizarre, incohérent, grincheux, et hanté par la peur d’être percé à jour.
 » Tu n’as jamais souffert de la faim, poursuivit-il, et tu as pourtant une sorte d’angoisse à propos de la nourriture. C’est celle du prédateur qui redoute continuellement qu’on découvre son manège et lui coupe les vivres.
Par le biais de l’esprit humain qui est en réalité le leur, les prédateurs nous inculquent ce qui les arrange pour améliorer leur sécurité et avoir moins peur.
– Peut-être tout cela est-il vrai, don Juan, mais si c’est le cas, il y a là quelque chose d’odieux qui me répugne et m’oblige à prendre le parti contraire. Et comment font-ils pour nous manger ? « 
Don Juan me fit un large sourire. Il avait l’air de bien s’amuser. Il m’expliqua que les sorciers voyaient les nouveaux-nés et les bébés comme d’étrange boules d’énergie lumineuse, recouvertes de haut en bas d’un revêtement brillant, un peu comme si une housse en plastique enveloppait étroitement leur cocon d’énergie. C’était cette couche brillante de conscience, me dit-il, que consommaient les prédateurs.
Et lorsque les êtres humains atteignaient l’âge adulte, il n’en restait qu’une étroite bande à hauteur des orteils qui permettait tout juste à l’humanité de survivre.
Comme en rêve, j’entendis don Juan me déclarer qu’à sa connaissance, l’espèce humaine était la seule à avoir cette couche brillante de conscience à l’extérieur du cocon lumineux. C’est pourquoi nous étions une proie facile pour le mode de conscience différent, plus pesant, des prédateurs.
Il me révéla alors quelque chose d’encore plus traumatisant : cette étroite bande de conscience était le siège de l’autocontemplation dans laquelle l’homme était irrémédiablement piégé.
En jouant sur cette autocontemplation qui est le dernier brin de conscience qui nous reste, les prédateurs suscitaient des éclairs de conscience qu’ils dévoraient avec l’acharnement d’un rapace. Et pour les provoquer, ils nous donnaient à résoudre des problèmes idiots et se nourrissaient du flamboiement énergétique de nos pseudo-intérêts.
Il devait y avoir dans ce que disait don Juan quelque chose de si pénible et bouleversant pour moi que j’en avais des haut-le-cœur.
Après une pose suffisamment longue pour me permettre de récupérer, je demandai à don Juan :  » Mais puisqu’ils voient les prédateurs, pourquoi les sorciers mexicains, anciens ou actuels, ne font-ils rien ?
On ne peut strictement rien faire, me dit tristement don Juan d’une voix grave, hormis se discipliner au point qu’ils ne puissent nous toucher.
(NB : Ce qui explique la discipline des 613 mitsvot . Miléna)
Et comment demander à nos semblables d’affronter les rigueurs d’une telle discipline ? Ils réagiraient en riant et se moquant de nous, et les plus agressifs d’entre eux s’énerveraient et nous tabasseraient. Ce n’est pas qu’ils ne nous croiraient pas ! Il y a au tréfond de chaque être humain une connaissance ancestrale, viscérale, de l’existence des prédateurs. « 
Mon esprit analytique jouait au yo-yo. Tout ce que me racontait don Juan était grotesque, absurde, et en même temps me semblait raisonnable, très simple. Toutes les contradictions humaines s’expliquaient. Mais comment prendre tout cela au sérieux ? Don Juan me poussait sur le trajet d’une avalanche qui m’emporterait à jamais.
(…) Don Juan continua à enfoncer le clou toujours plus profondément.  » Les sorciers mexicains d’autrefois voyaient le prédateur. Ils l’ont appelé planeur parce qu’il jaillit de l’espace. Il n’est pas beau à voir.
C’est une grande ombre, d’un noir impénétrable, qui fonce vers le sol et se pose lourdement. Ces sorciers ne savaient pas exactement quand il avait fait son apparition sur terre. Dans leur idée, l’homme avait sans doute été à une époque un être complet doué d’une conscience prodigieuse lui permettant d’accomplir d’incroyables prouesses – tous ces exploits que nous retrouvons aujourd’hui dans nos légendes mythologiques.
Ces facultés semblaient par la suite avoir disparu pour donner l’être humain actuel, un être diminué, comme abruti par des sédatifs. « 
J’aurai dû me mettre en colère, le traiter de paranoïaque, mais je ne sais trop pourquoi, ce genre d’indignation toujours latente chez moi m’avait quitté. Quelque chose en moi avait même dépassé ce stade où je me disais :  » Et si c’était vrai ?
 » Face à don Juan qui me parlait cette nuit là, je sentais au plus profond de mon être que tout ce qu’il me disait était vrai, mais en même temps, avec une force égale, que tout ce qu’il me disait était complètement absurde.
 » Que voulez-vous dire, don Juan ?  » lui demandai-je faiblement.
 » Ce que je veux dire, c’est que nous avons affaire à forte partie. C’est un prédateur très malin et bien organisé, qui procède méthodiquement pour nous neutraliser et nous empêcher d’être la créature magique que nous étions destinés à être. Nous ne sommes plus désormais qu’une source de ravitaillement et n’avons d’autres rêves que ceux d’un animal que l’on élève pour sa viande : des rêves banals, conventionnels et imbéciles. « 
(…)  » Ce prédateur, me dit don Juan, est évidemment un être inorganique. Mais il n’est pas pour nous complètement invisible comme le sont les autres. Je suis sûr que les enfants le voient, et devant l’horreur que leur inspire cette vision, ils préfèrent ne plus y penser. Et même s’ils cherchaient à mieux le voir, tout le monde autour d’eux les en dissuaderait. « 
(…)  » Les vieux chamans ont découvert que l’ensemble de l’univers est constitué de deux forces jumelles opposées, mais complémentaires.
Ainsi notre monde a un jumeau, un monde opposé et complémentaire peuplé par des êtres doués de conscience, mais dénués d’organisme, auxquels ils avaient donné le nom d’êtres inorganiques. (…)
L’ensemble de l’univers regorge de toutes sortes de mondes où la conscience peut être organique ou inorganique. « 
 » La seule alternative qui reste à l’humanité, continua don Juan, est la discipline.
Seule la discipline a un effet disuasif. Mais je n’entends pas par ce terme une affreuse routine où l’on saute du lit tous les jours à cinq heures du matin pour s’asperger d’eau glacée !
Pour un sorcier, la discipline est la faculté d’affronter sereinement les difficultés imprévues. Il la considère comme un art : l’art de faire face à l’infini sans broncher, non pour faire étalage de sa force, mais pour lui témoigner son admiration et son respect.
– En quoi la discipline des sorciers peut-elle avoir un effet dissuasif ?
Les sorciers disent qu’elle rend la couche brillante de conscience inconsommable pour le planeur, me dit don Juan en scrutant mon visage comme pour y déceler un signe d’incrédulité.
Il est alors perplexe. Je suppose qu’il n’a jamais entendu dire qu’une couche brillante de conscience pouvait ne pas être comestible.
Et cette perplexité ne lui laisse d’autre issue que de s’abstenir de poursuivre son infâme activité.
 » A partir du mom.nt où les prédateurs ne la mangent plus, notre couche brillante de conscience se développe.
En simplifiant à l’extrême, on pourrait dire que, grâce à leur discipline, les sorciers éloignent les prédateurs, ce qui permet à leur couche brillante de conscience de se reformer et de retrouver progressivement sa taille normale.
Les sorciers d’autrefois la comparaient à un arbre qui atteint sa hauteur et son volume si on ne le taille pas.
Et à mesure que le niveau de conscience s’élève au-dessus des pieds, de nouveaux modes de perception surgissent automatiquement.
 » Les anciens sorciers avaient découvert une excellente tactique : ils tenaillaient l’esprit des planeurs par la discipline.
Ils s’étaient aperçus que s’ils lui opposaient leur silence intérieur, cette implantation étrangère disparaissait, ce qui confirmait l’origine extérieure de cet esprit.
L’implantation étrangère tentait évidemment de revenir, mais elle avait perdu de sa force, et un processus se mettait en marche dans lequel l’esprit des planeurs prenait la fuite de plus en plus souvent, jusqu’au jour où il disparaissait définitivement.
Un triste jour, en fait, puisqu’on doit dès lors se débrouiller tout seul en ne comptant que sur ces propres ressources, qui sont pratiquement nulles. Personne n’est plus là pour nous dire que faire, aucun esprit clandestin ne nous dicte plus les idioties auxquelles nous sommes accoutumés.
 » Mon maître, le nagual Julian, disait fréquemment à ses disciples que c’était le moment le plus difficile de la vie d’un sorcier, car notre véritable esprit, celui qui nous appartient en propre et se résume à notre expérience personnelle, est devenu timide, inquiet et fuyant après une vie entière d’asservissement.
(NB : Le point OD du corps, à la pointe du sternum, la porte étroite, représentant l’enfance, la pauvreté. C’est pourquoi l’ange Métatron est toujours appelé par le nom de jeune, naar. Et, un vieux et stupide roi » est le mauvais penchant ( yetser ha ra), qui s’étend à l’opposé de Métatron, et appelé « l’homme malicieux », qui n’est jamais sorti de son impureté. Miléna)
C’est alors, selon moi, que débute le véritable combat du sorcier. Le reste n’est que simple préparation. « 
(…)  » Que voulez-vous dire par tenailler l’esprit des planeurs ?
– La discipline le met au supplice, me répondit-il. C’est donc grâce à leur discipline que les sorciers peuvent se débarrasser de cette implantation étrangère. « 
J’étais extrêmement troublé. Soit don Juan était bon pour l’asile, soit ce qu’il venait de me raconter était si terrifiant que mon sang se glaçait dans mes veines. Je notai cependant la vitesse à laquelle se ranima mon énergie pour tout nier en bloc. Après un instant de panique, j’éclatai de rire, comme si don Juan venait de me raconter une bonne plaisanterie.
Je m’entendis même lui dire :
» Don Juan, don Juan, vous êtes incorrigible ! « 

Il parut comprendre tout ce que j’éprouvais et secoua la tête, levant les yeux au ciel, comme pour feindre le désespoir.
 » Je suis si incorrigible que je vais asséner à l’esprit des planeurs qui t’habite un coup supplémentaire, en te confiant l’un des sectets les plus extraordinaires de la sorcellerie.
C’est la conclusion à laquelle ont abouti les sorciers, une conclusion qu’ils ont mis des milliers d’années à établir et vérifier. « 
Il me sourit d’un air machiavélique.
 » L’esprit des planeurs s’enfuit définitivement lorsqu’un sorcier réussit à saisir la force vibratoire qui assemble les champs d’énergie qui nous constituent.
S’il maintient suffisamment longtemps sa pression, l’esprit des planeurs, vaincu, bat en retraite.
Et c’est exactement ce que tu vas faire : te cramponner à l’énergie qui maintient ta cohésion. « 
J’eus une réaction totalement imprévisible et inexplicable. Une partie de moi était vraiment ébranlée, comme si elle avait reçu un coup. Je me sentis envahi par une terreur injustifiée que j’associai aussitôt à mon éducation religieuse.
Don Juan me regarda de la tête aux pieds.
 » Tu redoutes la colère divine, non ? Sois tranquille, cette peur n’est pas la tienne. C’est celle des planeurs, car ils savent que tu vas faire exactement ce que je vais te dire. « 
Ses paroles ne me rassurèrent absolument pas, et je me sentis encore plus mal. J’avais des spasmes involontaires que je ne pouvais maîtriser.
 » Ne t’inquiète pas, me dit calmement don Juan. Ce genre de crise passe très rapidement. L’esprit des planeurs n’a pas la moindre force de concentration. « 
Quelques instants plus tard, toutes ces manifestations disparurent comme don Juan l’avait prédit. Dire que j’étais perplexe serait un euphémisme. Pour la première fois de ma vie, seul ou avec don Juan, je ne savais plus du tout où j’en étais. Je voulais m’extraire de mon fauteuil pour faire quelques pas, mais j’étais mort de peur.
La tête farcie d’affirmations rationnelles, je me sentais pourtant terrorisé comme un enfant. Je me mis à respirer profondément et tout mon corps se couvrit de sueurs froides.
J’avais déchaîné en moi quelque chose d’épouvantable : des ombres noires fugitives bondissaient partout où que je tourne mon regard.
Je fermais les yeux et reposai la tête sur le bras du fauteuil.  » Je ne sais plus que faire, don Juan. Vous avez vraiment réussi à me déboussoler cette nuit.
– Tu es déchiré par une lutte intérieure, me dit don Juan. Tout au fond de toi, tu sais que tu ne peux t’opposer à ce qu’une indispensable partie de toi-même, la couche brillante de conscience, serve inexplicablement à nourrir de mystérieuses entités. Et quelque chose d’autre en toi refuse de toutes ses forces cette situation.
 » Ce qui est révolutionnaire dans l’attitude des sorciers, poursuivit-il, c’est qu’ils se refusent à respecter un accord auquel ils n’ont pas participé.
(NB : Ce qui est la vertu de celui qui nage à contre courant pour rejoindre la Source, tel Abraham, l’hébreu ou IVRI, la sagesse du saumon … Miléna)
Personne ne m’a jamais demandé si j’acceptais d’être mangé par des êtres ayant un mode de conscience différent ! Mes parents m’ont simplement mis au monde pour les ravitailler, comme cela s’était passé pour eux, et c’est tout. « 
(…) Revenu chez moi, je m’aperçu que l’idée des planeurs m’obsédait chaque jour davantage, jusqu’au jour où je sentis que les conclusions de don Juan étaient irréfutables.
J’avais beau m’efforcer de trouver une faille à sa logique, elle était imparable. Plus j’y réfléchissais, plus j’observais mes semblables et moi-même, plus s’intensifiait ma conviction que quelque chose nous rendait incapables de toute activité ou interaction non focalisée sur le moi. Mon seul souci, comme celui de tous ceux que je connaissais ou rencontrais, était mon moi.
 » Tous les êtres humains sur terre semblent avoir exactement les mêmes réactions, les mêmes pensées, les mêmes sentiments. Ils réagissent de manière presque identique aux mêmes stimuli. Le langage qu’ils utilisent jette une sorte de voile sur leurs attitudes, mais si l’on gratte un peu, on voit bien qu’ils ne peuvent échapper à cette similitude de comportement.
(…) Je fis des recherches anthropologiques approfondies sur la présence d’éventuelles allusions aux planeurs dans d’autres cultures. Elles s’avérèrent totalement infructueuses. Don Juan paraissait être l’unique source d’informations à cet égard. Dès que je le vis la fois suivante, je lui reparlai immédiatement des planeurs.
(NB : il faut scruter au sein de la Torah, car tout ceci y est forcément. Miléna)
 » J’ai fait tout mon possible pour rester rationnel sur ce plan, mais je n’y arrive pas. Il y a des moments où je suis complètement d’accord avec vous sur les prédateurs.
– Concentre ton attention sur les ombres fugitives que tu vois vraiment « , me dit don Juan en souriant.
Je lui fit remarquer qu’elles mettaient en péril ma rationnalité. Je les voyais partout. Depuis ma dernière visite chez lui, j’étais incapable de dormir dans le noir. Garder la lumière allumée ne me gênait pas du tout, alors que s’il faisait nuit, tout se mettait à bondir autour de moi. Je ne voyais jamais de véritables formes ou silhouettes complètes, mais seulement ces fameuses ombres noires fugitives.
 » L’esprit des planeurs ne t’a pas quitté, me déclara don Juan. Il a été gravement atteint et essaie à tout prix de conclure un nouvel arrangement. Mais il s’est produit en toi une sorte de rupture définitive, et le planeur le sait.
Le vrai danger, c’est que l’esprit des planeurs t’ait à l’usure et te fasse abdiquer en jouant sur la contradiction entre ses affirmations et les miennes.
 » L’esprit des planeurs n’a pas d’opposant, poursuivit don Juan, et lorsqu’il propose quelque chose, il acquiesce à sa propre proposition et te fait croire que tu as raison. Il va affirmer que les prétendues révélations de don Juan sont complètement absurdes, puis il va tomber d’accord avec se propre déclaration et te faire dire :  » Mais oui, c’est vrai, il raconte n’importe quoi ! « 
C’est comme ça qu’ils nous dominent.
» Les planeurs sont un constituant fondamental de l’univers et nous devons nous efforcer de les voir sous leur véritable jour – terrifiants, monstrueux.

C’est par leur intermédiaire que l’univers nous met à l’épreuve.
» Nous sommes des sondes énergétiques douées de conscience, reprit-il comme s’il avait oublié ma présence, que l’univers a créées pour prendre conscience de lui-même.

Les planeurs constituent pour nous un défi auquel nous ne pouvons nous soustraire. Nous ne devons pas les mésestimer. Nous devons les vaincre pour que l’univers laisse les êtres humains poursuivre leur existence. « 
J’aurai voulu que don Juan m’en dise davantage, mais il se contenta d’ajouter :  » Le choc , tu l’as reçu la dernière fois. On pourrait parler pendant des heures des planeurs, mais il est temps de passer à autre chose.  »
(…)

Eckhart Tolle
Extrait de : Mettre en pratique le pouvoir du moment présent
(NB : La pratique des 613 mitsvot implique totalement l’être dans le présent, en créant une rupture au sein du quotidien. Miléna)
« La douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi longtemps que vous êtes identifié à votre mental, c’est-à-dire inconscient spirituellement parlant.
Je fais ici surtout référence à la souffrance émotionnelle, également la principale cause de la souffrance et des maladies corporelles.
Le ressentiment, la haine, l’apitoiement sur soi, la culpabilité, la colère, la dépression, la jalousie, ou même la plus petite irritation sont sans exception des formes de souffrance.
Et tout plaisir ou toute exaltation émotionnelle comportent en eux le germe de la souffrance, leur inséparable opposé, qui se manifestera à un moment donné.
N’importe qui ayant déjà pris de la drogue pour « décoller » sait très bien que le « planage » se traduit forcément par un « atterrissage », que le plaisir se transforme d’une manière ou d’une autre en souffrance.
Beaucoup de gens savent aussi d’expérience avec quelle facilité et rapidité une relation intime peut devenir une source de souffrance après avoir été une source de plaisir.
Si on considère ces polarités négative et positive en fonction d’une perspective supérieure, on constate qu’elles sont les deux faces d’une seule et même pièce, qu’elles appartiennent toutes deux à la souffrance sous-jacente à l’état de conscience dit de l’ego, à l’identification au mental, et que cette souffrance est indissociable de cet état.
Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre mental.
Maintenant, j’aimerais vous expliquer comment cesser d’en créer dans le présent et comment dissoudre celle issue du passé. La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l’inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.
La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c’est une forme de négativité.
L’intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d’identification au mental.
Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s’en échapper. Autrement dit, plus on est identifié à son mental, plus on souffre. On peut également l’énoncer ainsi :
PLUS ON EST À MÊME DE RESPECTER ET D’ACCEPTER LE MOMENT PRÉSENT,
PLUS ON EST LIBÉRÉ DE LA DOULEUR, DE LA SOUFFRANCE ET DU MENTAL.

Tant que vous êtes incapables d’accéder au pouvoir de l’instant présent, chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était déjà là, et se loge dans votre mental et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend celle que vous avez éprouvée enfant, causée par l’inconscience du monde dans lequel vous êtes né.
Cette souffrance accumulée est un champ d’énergie négative qui habite votre corps et votre mental.
Si vous la considérez comme une entité invisible à part entière, vous n’êtes pas loin de la vérité. Il s’agit du corps de souffrance émotionnel.
Il y a deux modes d’être : latent et actif. Un corps de souffrance peut être latent 90 % du temps. Chez une personne profondément malheureuse, cependant, il peut être actif tout le temps. Certaines personnes vivent presque entièrement dans leur corps de souffrance, tandis que d’autres ne le ressentent que dans certaines situations, par exemple dans les relations intimes ou les situations rappelant une perte ou un abandon survenus dans leur passé, au moment d’une blessure physique ou émotionnelle. N’importe quoi peut servir de déclencheur, surtout ce qui écho à un scénario douloureux de votre passé. Lorsque le corps de souffrance est prêt à sortir de son état latent, une simple pensée ou une remarque innocente d’un proche peuvent l’activer.
Le corps de souffrance ne désire pas que vous l’observiez directement parce qu’ainsi vous le voyez tel qu’il est. En fait, dès que vous ressentez son champ énergétique et que vous lui accordez votre attention, l’identification est rompue.
Et une dimension supérieure de la conscience entre en jeu. Je l’appelle la présence. Vous êtes dorénavant le témoin du corps de souffrance. Cela signifie qu’il ne peut plus vous utiliser en se faisant passer pour vous et qu’il ne peut plus se régénérer à travers vous. Vous avez découvert votre propre force intérieure. Vous avez accédé au pouvoir de l’instant présent.
Plusieurs corps de souffrance sont exécrables mais relativement inoffensifs, comme c’est le cas chez un enfant qui ne cesse de se plaindre. D’autres sont des monstres vicieux et destructeurs, de véritables démons.
Certains sont physiquement violents, alors que beaucoup d’autres le sont sur le plan émotionnel. Ils peuvent attaquer les membres de leur entourage ou leurs proches, tandis que d’autres préfèrent assaillir leur hôte, c’est-à-dire vous-même.
Les pensées et les sentiments que vous entretenez à l’égard de votre vie deviennent alors profondément négatifs et autodestructeurs. C’est ainsi que les maladies et les accidents sont souvent générés. Certains corps de souffrance mènent leur hôte au suicide.
Si vous pensiez connaître une personne, ce sera tout un choc pour vous que d’être pour la première fois confrontée soudainement à cette créature étrange et méchante.
Il est cependant plus important de surveiller le corps de souffrance chez vous que chez quelqu’un d’autre.
Remarquez donc tout signe de morosité, peu importe la forme qu’elle peut prendre. Ceci peut annoncer le réveil du corps de souffrance, celui-ci pouvant se manifester sous forme d’irritation, d’impatience, d’humeur sombre, d’un désir de blesser, de colère, de fureur, de dépression, d’un besoin de mélodrame dans vos relations, et ainsi de suite. Saisissez-le au vol dès qu’il sort de son état latent.
Le corps de souffrance veut survivre, tout comme n’importe quelle autre entité qui existe, et ne peut y arriver que s’il vous amène à vous identifier inconsciemment à lui. Il peut alors s’imposer, s’emparer de vous, « devenir vous » et vivre par vous. Il a besoin de vous pour se « nourrir ».
En fait, il puisera à même toute expérience entrant en résonance avec sa propre énergie, dans tout ce qui crée davantage de douleur sous quelque forme que ce soit : la colère, un penchant destructeur, la haine, la peine, un climat de crise émotionnelle, la violence et même la maladie.
Ainsi, lorsqu’il vous aura envahi, le corps de souffrance créera dans votre vie une situation qui reflétera sa propre fréquence énergétique, afin de s’en abreuver. La souffrance ne peut soutenir qu’elle-même. Elle ne peut se nourrir de la joie, qu’elle trouve vraiment indigeste.
Lorsque le corps de souffrance s’empare, vous en redemandez. Soit vous êtes la victime, soit le bourreau.
Vous voulez infliger de la souffrance ou vous voulez en subir, ou bien les deux. Il n’y a pas grande différence. Vous n’en êtes pas conscient, bien entendu, et vous soutenez avec véhémence que vous ne voulez pas de cette souffrance. Mais si vous regardez attentivement, vous découvrez que votre façon de penser et votre comportement font en sorte d’entretenir la souffrance, la vôtre et celle des autres. Si vous en étiez vraiment conscient, le scénario disparaîtrait de lui-même, car c’est folie pure que de vouloir souffrir davantage et personne ne peut être conscient et fou en même temps.
En fait, le corps de souffrance, qui est l’ombre de l’ego, craint la lumière de votre conscience. Il a peur d’être dévoilé.
Sa survie dépend de votre identification inconsciente à celui-ci et de votre peur inconsciente d’affronter la douleur qui vit en vous.
Mais si vous ne vous mesurez pas à elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt. Le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence.
Lorsque vous commencerez à vous désidentifier et à devenir l’observateur, le corps de souffrance continuera de fonctionner un certain temps et tentera de vous amener, par la ruse, à vous identifier de nouveau à lui.
Même si la non-identification ne l’énergise plus, il gardera un certain élan, comme la roue de la bicyclette continue de tourner même si vous ne pédalez plus. A ce stade, il peut également créer des maux et des douleurs physiques dans diverses parties du corps, mais ceux-ci ne dureront pas.
Restez présent, restez conscient. Soyez en permanence le vigilant gardien de votre espace intérieur.
Il vous faut être suffisamment présent pour pouvoir observer directement le corps de souffrance et sentir son énergie. Ainsi, il ne peut plus contrôler votre pensée.
Dès que votre pensée se met au diapason du champ énergétique de votre corps de souffrance, vous y êtes identifié et vous le nourrissez à nouveau de vos pensées.
Par exemple, si la colère en est la vibration énergétique prédominante et que vous avez des pensées de colère, que vous ruminez ce que quelqu’un vous a fait ou ce que vous allez lui faire, vous voilà devenu inconscient et le corps de souffrance est dorénavant « vous-même ». La colère cache toujours de la souffrance.
Lorsqu’une humeur sombre vous vient et que vous amorcez un scénario mental négatif en vous disant combien votre vie est affreuse, votre pensée s’est mise au diapason de ce corps et vous êtes alors inconscient et ouvert à ses attaques. Le mot « inconscient », tel que je l’entends ici, veut dire être identifié à un scénario mental ou émotionnel. Il implique une absence complète de l’observateur.
L’attention consciente soutenue rompt le lien entre le corps de souffrance et les processus de la pensée.souffrance en conscience.
La division intérieure est résorbée et vous devenez entier. Il vous incombe alors de ne plus créer de souffrance. C’est ce qui amène la métamorphose.
Comme si la souffrance alimentait la flamme de votre conscience qui, ensuite, brille par conséquent d’une lueur plus vive.
Voilà la signification ésotérique de l’art ancien de l’alchimie
Concentrez votre attention sur le sentiment qui vous habite. Sachez qu’il s’agit du corps de souffrance. Acceptez le fait qu’il soit là. N’y pensez pas. Ne transformez pas le sentiment en pensée. Ne le jugez pas. Ne l’analysez pas. Ne vous identifiez pas à lui.
Restez présent et continuez d’être le témoin de ce qui se passe en vous. Devenez conscient non seulement de la souffrance émotionnelle, mais aussi de « celui qui observe », de l’observateur silencieux.
Voici ce qu’est le pouvoir de l’instant présent, le pouvoir de votre propre présence consciente. Ensuite, voyez ce qui se passe.
Le processus que je viens de décrire est profondément puissant mais simple. On pourrait l’enseigner à un enfant, et espérons qu’un jour ce sera l’une des premières choses que les enfants apprendront à l’école.
Lorsque vous aurez compris le principe fondamental de la présence, en tant qu’observateur, de ce qui se passe en vous – et que vous le « comprendrez » par l’expérience -, vous aurez à votre disposition le plus puissant des outils de transformation.
Ne nions pas le fait que vous rencontrerez peut-être une très grande résistance intérieure intense à vous désidentifier de votre souffrance. Ce sera particulièrement le cas si vous avez vécu étroitement identifié à votre corps de souffrance la plus grande partie de votre vie et que le sens de votre identité personnelle y est totalement ou partiellement investi.
Cela signifie que vous avez fait de votre corps de souffrance un moi malheureux et que vous croyez être cette fiction créée par votre mental.
Dans ce cas, la peur inconsciente de perdre votre identité entraînera une forte résistance à toute désidentification. Autrement dit, vous préféreriez souffrir, c’est-à-dire être dans le corps de souffrance, plutôt que de faire un saut dans l’inconnu et de risquer de perdre ce moi malheureux mais familier.
Examinez cette résistance. Regardez de près l’attachement à votre souffrance. Soyez très vigilant. Observez le plaisir curieux que vous tirez de votre tourment, la compulsion que vous avez d’en parler ou d’y penser.
La résistance cessera si vous la rendez consciente. Vous pourrez alors accorder votre attention au corps de souffrance, rester présent en tant que témoin et ainsi amorcer la transmutation.
Vous seul pouvez le faire. Personne ne peut y arriver à votre place. Mais si vous avez la chance de trouver quelqu’un d’intensément conscient, si vous pouvez vous joindre à cette personne dans l’état de présence, cela pourra accélérer les choses.
Ainsi, votre propre lumière s’intensifiera rapidement. Lorsqu’une bûche qui commence à peine à brûler est placée juste à côté d’une autre qui flambe ardemment et qu’au bout d’un certain temps elles sont séparées, la première chauffera avec beaucoup plus d’ardeur qu’au début. Après tout, il s’agit du même feu.
Jouer le rôle du feu, c’est l’une des fonctions du maître spirituel. Certains thérapeutes peuvent également remplir cette fonction, pourvu qu’ils aient dépassé le plan mental et qu’ils soient à même de créer et de soutenir un immense état de présence pendant qu’ils s’occupent de vous.
La première chose à ne pas oublier est la suivante :
TANT ET AUSSI LONGTEMPS QUE VOUS VOUS CRÉEREZ UNE IDENTITÉ QUELCONQUE À PARTIR DE LA SOUFFRANCE, IL VOUS SERA IMPOSSIBLE DE VOUS EN LIBÉRER.
Tant et aussi longtemps que le sens de l’identité sera investi dans la souffrance émotionnelle, vous sabotez inconsciemment toute tentative faite dans le sens de guérir cette souffrance ou y résisterez d’une manière quelconque. Pourquoi ?
Tout simplement parce que vous voulez rester intact et que la souffrance est fondamentalement devenue une partie de vous. Il s’agit là d’un processus inconscient, et la seule façon de le dépasser est de le rendre conscient.
Réaliser soudainement que vous êtes ou avez été attaché à votre souffrance peut-être la cause d’un grand choc. Mais dès l’instant où cette prise de conscience a lieu, l’attachement est rompu. Un peu comme une entité, le corps de souffrance est un champ énergétique qui se loge temporairement à l’intérieur de vous.
C’est de l’énergie vitale qui est prise au piège et ne circule plus.
Bien entendu, le corps de souffrance existe en raison de certaines choses qui se sont produites dans le passé. C’est le passé qui vit en vous, et si vous vous identifiez au corps de souffrance, vous vous identifiez par la même occasion au passé.
L’identité de victime est fondée sur la croyance que le passé est plus puissant que le présent, ce qui est contraire à la vérité. Que les autres et ce qu’ils vous ont fait sont responsables de ce que vous êtes maintenant, de votre souffrance émotionnelle ou de votre incapacité à être vraiment vous-même.
La vérité, c’est que le seul pouvoir qui existe est celui propre à l’instant présent : c’est le pouvoir de votre propre présence à ce qui est. Une fois que vous savez cela, vous réalisez également que vous-même et personne d’autre êtes maintenant responsable de votre vie intérieure et que le passé ne peut pas l’emporter sur le pouvoir de l’instant présent.

Tout comme vous ne pouvez vous battre contre l’obscurité, vous ne pouvez non plus vous battre contre le corps de souffrance. Essayer de le faire créerait un conflit intérieur et, par conséquent, davantage de souffrance. Il suffit de l’observer et cela suppose l’accepter comme une partie de ce qui est ce moment. »
source : http://espace.canoe.ca

Qu’est-ce que la Tenségrité?
La Tenségrité est la version modernisée de mouvements appelés « passes magiques » qui furent développés par les indiens qui vivaient au Mexique à une époque précédant la Conquête Espagnole.
« L’époque précédant la Conquête Espagnole » est une expression qu’employait don Juan Matus, le sorcier indien du Mexique qui présenta à Carlos Castaneda, Carol Tiggs, Florinda Donner-Grau et Taisha Abelar le monde cognitif des chamans qui vivaient au Mexique il y a, d’après don Juan, entre 7000 et 10 000 ans.
Don Juan a expliqué à ses quatre disciples que ces chamans ou sorciers, comme il les appelait, découvrirent au moyen de pratiques qu’il ne pouvait pas déterminer, que les êtres humains ont la possibilité de percevoir l’énergie directement telle qu’elle circule dans l’univers.
En d’autres termes, selon don Juan, ces sorciers assuraient que chacun d’entre nous peut, pour un moment, se défaire de notre système consistant à convertir l’afflux d’énergie en informations sensorielles en rapport avec le type d’organisme auquel nous appartenons.
Les sorciers affirment que la transformation de l’afflux d’énergie en informations sensorielles produit un système d’interprétation qui transforme l’énergie fluctuante de l’univers en « le monde quotidien que nous connaissons ».
Don Juan ajoutait que dès que les sorciers des temps anciens eurent établi la validité de l’acte de percevoir l’énergie directement, ce qu’ils nommèrent voir, ils se mirent à le raffiner en se l’appliquant à eux-mêmes, ce qui signifie que, à chaque fois qu’ils le voulaient, ils se percevaient les uns les autres en tant que conglomérats de champs d’énergie.
Les êtres humains perçus de cette manière apparaissent au voyant comme de gigantesques sphères lumineuses. Ces sphères lumineuses sont d’une taille équivalente à l’envergure des bras étendus.
Lorsque les êtres humains sont perçus en tant que conglomérats de champs d’énergie, on perçoit un point d’une luminosité intense, placé à la hauteur des omoplates, à une longueur de bras de ceux-ci, vers l’arrière.
(NB : le point Ki Ris Ti dont parle Jean Luc Ayoun. Miléna)
Les voyants des temps anciens qui découvrirent ce point de luminosité l’appelèrent le point d’assemblage, parce qu’ils arrivèrent à la conclusion que c’est à cet endroit que la perception est assemblée.
Ils remarquèrent, grâce à leur capacité à voir, que sur ce point de luminosité dont l’emplacement est le même pour toute l’humanité, les champs d’énergie en forme de filaments lumineux qui constituent l’univers dans son ensemble convergent par millions.
En convergeant à ce point, ils deviennent des informations sensorielles utilisables par les êtres humains en tant qu’organismes.
Cette utilisation de l’énergie transformée en informations sensorielles était considérée par les sorciers comme un acte de magie pure : l’acte de transformer, par le point d’assemblage, de l’énergie en liberté en un monde véritable et complet dans lequel les êtres humains en tant qu’organismes peuvent vivre et mourir.
L’acte de convertir l’afflux d’énergie pure en un monde perceptible fut attribué par les sorciers à un système d’interprétation.
Leur conclusion renversante, renversante à leurs yeux, bien sûr, et peut-être aux yeux de ceux d’entre nous qui ont l’énergie d’y être attentif, fut que le point d’assemblage n’était pas seulement l’endroit où la perception était assemblée en transformant l’afflux d’énergie pure en informations sensorielles, mais l’endroit où l’interprétation des informations sensorielles avait lieu .
Leur observation renversante suivante fut que le point d’assemblage se déplace au cours du sommeil au delà de sa position habituelle de façon très naturelle et discrète.
Ils découvrirent que plus le déplacement était important, plus les rêves qui l’accompagnaient étaient bizarres.
Ces sorciers sautèrent alors, depuis ces observations de voir, jusqu’à l’action pragmatique consistant à déplacer volontairement le point d’assemblage. Et ils appelèrent les résultats de leurs conclusions : l’art de rêver.
Ces sorciers définissaient cet art comme l’utilisation pragmatique des rêves ordinaires afin de créer une ouverture vers d’autres mondes par l’acte de déplacer le point d’assemblage à volonté et de le maintenir sur cette nouvelle position, également à volonté.
Les observations que firent ces sorciers en pratiquant l’art de rêver furent un mélange de raison et de voir directement l’énergie telle qu’elle circule dans l’univers.
Ils réalisèrent que, à sa position habituelle le point d’assemblage est un point où converge une portion donnée, minuscule, des filaments d’énergie constituant l’univers, mais si le point d’assemblage change de position à l’intérieur de l’oeuf lumineux, une minuscule portion de champs d’énergie différente converge alors à ce point, ce qui donne comme résultat un nouvel afflux d’informations sensorielles : des champs d’énergie différents de ceux qui sont habituellement transformés en informations sensorielles, et ces champs d’énergie différents sont interprétés comme un monde différent.
L’art de rêver devint pour ces sorciers leur activité la plus absorbante. Au cours de leur pratique, ils firent l’expérience d’états de bien-être et d’aisance physique sans égal et dans leurs efforts pour reproduire ces états pendant leurs heures de veille, ils découvrirent qu’il leur était possible de les recréer à la suite de certains mouvements du corps.
Le point culminant de leurs efforts fut la découverte et le développement d’un grand nombre de mouvements de cette nature, qu’ils appelèrent des passes magiques.
Les passes magiques de ces sorciers de l’Antiquité mexicaine devinrent leur bien le plus cher. Ils les entourèrent de rituels et de mystères et ne les enseignèrent qu’aux initiés dans le plus grand des secrets. C’est de cette manière que don Juan Matus les a transmis à ses disciples.
Ses disciples, étant les derniers maillons de sa lignée, arrivèrent à la conclusion unanime qu’entretenir davantage le secret à propos des passes magiques serait contraire à l’intérêt qu’ils portent au fait de rendre le monde de don Juan accessible à leurs semblables. Ils ont décidé, par conséquent, d’extraire les passes magiques de leur obscurité.
Ils ont ainsi créé la Tenségrité, qui est un terme appartenant à l’architecture et qui signifie :
« la propriété des structures squelettiques mettant en jeu des éléments continus en tension et des éléments discontinus en compression de telle façon que chaque élément fonctionne avec le maximum d’efficacité et d’économie ».
Ce nom est des plus approprié car il mélange deux mots : tension et intégrité ; des termes qui suggèrent parfaitement les deux forces directrices des passes magiques. n’était pas seulement l’endroit où la perception était assemblée en transformant l’afflux d’énergie pure en informations sensorielles, mais l’endroit où l’interprétation des informations sensorielles avait lieu .
Ce texte est extrait de Lecteurs de l’Infini (Volume 1, n°1, 1996) de Carlos Castaneda. Publié par CleargreenIncorporated, (c) Copyright 1996, Laugan Productions, Incorporated. Tous droits réservés.
Site source : http://www.cleargreen.com/mirrors/french/index.html

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A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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