Archontes

Dans cet article du site Karmapolis, des extraits intéressants sur un ouvrage de Carlos Castaneda, célèbre anthropologue américain:

Archontes, flyers et reptiliens.
Par John Lash

Au-delà de la controverse suscitée par nombre d’auteurs sur la réalité des écrits de Carlos Castaneda (voir Le dernier des Naguals), John Lash nous dévoile les correspondances troublantes entre la description du monde du vieux sorcier yaqui et les textes du Nag Hammadi découverts en 1945. Un voyage fascinant à la croisée des chemins de la pensée gnostique et néo-chamanique.

Le onzième livre de Carlos Castaneda relate l’apprentissage de l’auteur avec un indien Yaqui, don Juan Matus qui joue le rôle socratien du mentor à l’égard de l’anthropologue sceptique qu’est Castaneda. Pendant plus de 20 ans, Castaneda a appris la théorie et la pratique de la nouvelle discipline proposée par ce professeur rusé et exigeant. L’art des “nouveaux sorciers” suggère une remise en question et une mise à plat des anciens secrets de la sorcellerie Toltèque transmis à don Juan par le biais d’une filiation qui remonte au 18 ième siècle. La sorcellerie dans ce cas précis se rapporte à un chemin d’expériences, des expériences qui sont complètement à part des us et coutumes existentielles de l’humanité. Par le biais d’un laborieux processus d’essais et d’erreurs, Castaneda s’est arrangé pour modifier les paramètres usuels de la perception afin d’explorer d’autres mondes. Au cours de ses mésaventures, il a rencontré un certain nombre d’entités inorganiques extraterrestres qui représentent à la fois un obstacle et une épreuve pour le shaman.

Dans l’ouvrage “Passes magiques” (éditions du Rocher, 1998), il écrit: “Les êtres humains effectuent un voyage ayant pour but la conscience et qui a été momentanément interrompu par des forces extérieures” .

Les ombres boueuses

Dans l’ultime opus de Castaneda “Le Voyage définitif” (éditions du Rocher paru sous le titre original “the Active Side of Infinity, la part active de l’infini) publié à titre posthume, don Juan met à l’épreuve Castaneda afin de réconcilier l’intelligence de l’homme qu’il a démontré en réalisant de nombreux prodiges avec “la stupidité de ses systèmes de croyance… la stupidité de son comportement contradictoire” . don Juan relate cette contradiction flagrante de l’intelligence humaine avec ce qu’il nomme “le sujet des sujets”, “le cœur du sujet”, “le plus sérieux sujet dans l’art de la sorcellerie”. Ce sujet concerne la prédation. Devant un apprenti stupéfait et horrifié, le vieux sorcier explique comment l’âme humaine a été infiltrée par une intelligence extraterrestre:

« Nous sommes en présence d’un prédateur venu du fin fond du cosmos qui gouverne notre existence. Les êtres humains sont ses prisonniers. Le prédateur est notre maître et seigneur. Il a fait de nous des êtres dociles, avachis et non secourables. Qui cherche à élever une protestation voit son désir supprimé ! Qui cherche à faire preuve d’indépendance se voit ramener dans les rangs !

Les sorciers croient que les prédateurs nous ont donné nos systèmes de croyance, nos conceptions du bien et du mal, nos mœurs sociaux. Ce sont eux qui nous donnent nos espoirs et nos attentes, nos rêves de réussites et nos échecs. Ils nous ont donné la convoitise, la cupidité et la lâcheté. Les prédateurs ont fait de nous des êtres banals, routiniers, complaisants, égoïstes ”.

Selon don Juan, les sorciers de l’ancienne civilisation mexicaine appelaient les prédateurs, des “planeurs” (flyers en anglais) parce “qu’ils jaillissent de l’espace… Il s’agit d’une grande ombre d’un noir impénétrable, une ombre noire qui jaillit dans les airs et se pose lourdement”. Cette description correspond à des milliers de témoignages et de description d’étranges mouvements de sauts, parfois de côté, exécutés par les extraterrestres de type Gris qui accostent les gens au hasard. Des ombres noires flottantes sont moins rapportées dans les témoignages mais elles remplissent un rôle majeur dans le rapport volumineux et détaillé d’activités extraterrestres rédigé par John Keel, l’auteur de “la Prophétie des Ombres”(publié en français aux Editions Presses du Châtelet).

Dans les textes gnostiques, nous pouvons trouver des descriptions de prédateurs extraterrestres appelés Archontes du grec Arkontaï. Les textes du Nag Hammadi (ndtr: du nom du lieu en Egypte où l’on a trouvé cette fabuleuse collection de textes) décrivent des créatures lourdes, épaisses, sombres et fuyantes. L’expression la plus courante employée pour les désigner est: “ des êtres qui ressemblent à des créatures faites d’ombre ”. Les Archontes peuvent-ils alors être comparés à “des ombres boueuses” décrites par don Juan ? Cette question met en lumière un autre enjeu, celui du parallélisme que l’on peut tracer entre le shamanisme Toltèque de l’Amérique Centrale personnifié par don Juan et le shamanisme des écoles des Mystères de l’ancienne Europe. Passons en revue quelques-uns de ces parallélismes :

Au premier plan, la zone d’influence de ces prédateurs ou planeurs. Dans le livre “le voyage définitif”, don Juan affirme à Castaneda que “les prédateurs nous donnent leur esprit qui devient alors notre esprit”. Cette affirmation plutôt alarmante nous suggère un parallélisme immédiat avec les enseignements gnostiques. Les Gnostiques qui dirigèrent les écoles des Mystères du Proche Orient pendant l’antiquité, apprirent que le véritable esprit des êtres humains, le “nous authenticos” (ndtr : en grec), fait partie de l’intelligence cosmique qui s’est répandue dans la nature. A cause de l’intrusion des Archontes, cet esprit “natif” et authentique a pu être perverti et même occupé par un autre esprit. Les Gnostiques ont donné un avertissement selon lequel les Archontes nous ont envahis mentalement, psychologiquement même si nous pouvons tout aussi bien être confrontés à eux physiquement. Leur impact principal réside dans notre syntaxe mentale, dans nos paradigmes et nos croyances, exactement comme don Juan le souligne lorsqu’il parle des planeurs.

grottes du Nag Hammadi

Don Juan affirme à Castaneda que l’esprit des prédateurs est “un modèle d’avarice et d’économie: une économie de force qui est ajusté une fois pour toute sur toute chose”. Cette description correspond à la mentalité de ruche des Archontes. Les sorciers appellent cet esprit extraterrestre uniforme “ l’implantation étrangère; qui existe en vous et en tout être humain ”. Cette “implantation étrangère (mis en italique par Castaneda) ressort de notre syntaxe. Elle dérange nos capacités indigènes ou internes à organiser notre monde selon le langage propre à notre espèce. Le rôle d’une syntaxe correcte dans la maîtrise de l’intention d’un sorcier est l’un des facteurs de première importance dans les derniers enseignements de don Juan. Cela souligne le parallélisme que l’on peut faire entre l’importance du langage (chez don Juan) avec l’importance d’une définition correcte mise en évidence dans l’enseignement gnostique.

Dans ses dires, don Juan souligne l’existence d’un certain nombre de stratégies pertinentes que l’on peut déployer à l’encontre de cette intrusion extraterrestre. Il affirme que les sorciers des temps anciens “ont découvert que s’ils opposaient à l’esprit des planeurs leur silence intérieur, cette implantation étrangère disparaîtrait, ce qui confirmait à chacun des pratiquants impliqués dans cette manœuvre, la totale certitude de l’origine extérieure de cet esprit”. (6). En d’autres termes, la prise de conscience du fait qu’un esprit extérieur peut opérer dans nos propres esprits ne devient totalement claire et certaine que lorsque cet esprit étranger a été exposé et extirpé. C’est seulement à ce moment précis que nous comprenons comment“ le véritable esprit qui n’appartient qu’à nous, la somme totale de nos expériences vécues après une vie entière de domination nous a rendus timide, angoissé, en état d’insécurité et a fait de nous également des êtres sournois». Le “véritable esprit” de Castaneda est identique au nous authenticos des Gnostiques. Le principal effet des planeurs sur notre esprit se perçoit dans le conditionnement mental et le lavage de cerveau.

Les textes gnostiques décrivent des confrontations directes, physiques avec les Archontes qui sont décrits comme des entités de type embryonnaires ou fœtales -de là, les Gris du discours ufologique moderne. La tactique habituelle des Gris est de paralyser la victime humaine puis d’infiltrer son esprit. Dans le Premier Apocalypse de Jean, le maître gnostique enseigne à un étudiant comment faire face aux Archontes. Ces entités prédatrices sont connues pour “ enlever les âmes la nuit ”, une description précise des enlèvements extraterrestres modernes. Les adeptes des écoles des Mystères enseignent comment repousser les Archontes avec des formules (mantras) magiques, des passes magiques (ndtr: exactement ce que Castaneda enseigne dans la Tenségrité) et des gestes de pouvoir (mudras). Dans certains textes, la rencontre avec les Archontes se structure selon un système de “sphères planétaires”. L’adepte qui pratique la projection astrale, le rêve éveillé où “la manipulation de son double” (comme l’enseigne Castaneda) est censé se confronter aux Archontes dans une sorte de « jeu sur ordinateur » semblable à un labyrinthe à 7 niveaux qui correspond aux 7 planètes. A chaque niveau, l’adepte ne peut poursuivre sa quête à moins qu’il se confronte aux “gardiens du seuil” en utilisant des passes magiques et des mots.

Voir : metahistory.org

Le format archétypal du “voyage dans les sphères planétaires” était déjà bien connu durant l’Antiquité, particulièrement dans les écoles hermétiques et celles de la Kabbale. Dans Tantra Vidya, O.M. Hinze compare l’ascension gnostique vers les 7 sphères avec la montée de la Kundalini à travers les 7 chakras dans traditions indiennes du Yoga. Don Juan n’emploie pas le schéma de ces 7 niveaux mais sa description des planeurs peut entrer dans cette représentation. La corrélation fonctionne tout spécialement si nous mettons sur le même plan la vénération du serpent” dans certains cultes gnostiques avec les pratiques du Yoga pour développer la Kundalini (ndtr : la Kundalini est souvent comparée à un serpent intérieur qui se déploie) de même qu’avec l’éveil “du feu du dedans” (Gallimard 1985) et le serpent à plume dans différents livres de Castaneda. En bref, les sorciers Toltèques pourraient également être des adeptes de la pratique du Yoga de l’éveil de la Kundalini en cultivant “le feu du dedans”. Leur rencontre avec des planeurs ne prendrait pas l’aspect formel d’un jeu d’épreuves à 7 niveaux mais on retrouve les mêmes expériences dans les trois exemples évoqués plus haut : la tradition Toltèque, le Yoga et la connaissance gnostique.

Les Gnostiques croyaient que la force de la Kundalini ou encore le champ ambiant généré par cette force servaient de protection contre les Archontes.

Voir à ce sujet : metahistory.org

Ce serait une erreur de conformer les révélations de don Juan de façon stricte et littérale avec les enseignements gnostiques mais ces premiers parallélismes sont déjà saisissants. Mais il y a bien plus. Voici un exemple remarquable où la sagesse indigène américaine concorde avec les enseignements ésotériques d’une tradition spirituelle du Proche Orient, tradition qui a été perdue depuis longtemps. A première vue, les parallélismes entre les Toltèques et les Gnostiques peuvent sembler lointains et improbables. Mais si nous partons du postulat que l’expérience shamanique est à la fois consistante et empirique (cad fondée sur l’expérience), il ne serait guère surprenant de découvrir des rapports et des liens tout à fait consistants dans ces traditions pourtant si éloignées.

Les traits de caractères humains constatés par don Juan comme étant suscités par la déviation causée par cette implantation étrangère (dans notre esprit) sont identiques à ceux que l’on attribue à l’action des Archontes dans les écrits gnostiques : l’envie, la convoitise, l’arrogance (égomanie) sont identifiés comme étant les caractéristiques primaires de ces Archontes pendant que leur comportement démontre que ce sont des drones sans âmes (au comportement routinier), avides de puissance sur l’être humain et trop lâches pour s’exposer à la lumière du jour et donc se révéler.

L’implantation étrangère

L’idée d’une implantation étrangère est très instructive. Ce concept semble se manifester de façon littérale dans les implants métalliques et cristallins qui semblent être utilisés par les Gris pour identifier et suivre les sujets humains. D’une autre façon, cela correspond à l’idée qu’un virus idéologique a été implanté dans nos esprits par une entité non humaine déviante. Selon la critique gnostique du christianisme, son idéologie de la rédemption (c.a.d la croyance en un rédempteur et sauveur divin et en une apocalypse) dans ses formes judéo-chrétiennes constitue justement un tel virus spirituel. Les Gnostiques soulignant le rôle de la tradition judéo-chrétienne (qui peut être également étendue à l’Islam) nous fournissent un avantage stratégique en opérant la détection d’influences extraterrestres parce que les religions patriarcales/rédemptrices ont dominé les récits historiques de notre planète . Cette prédominance est symptomatique des déviances des Archontes, affirment les Gnostiques. L’esprit extraterrestre pénètre dans notre activité narrative historique, le pouvoir narratif (ndtr : cad la façon dont nous racontons et transmettons notre histoire et nos mythes) étant tellement crucial pour que l’humanité puisse trouver son chemin dans le cosmos. Il s’agit d’une des façons, sans doute la façon la plus efficace, employée pour que nous soyons déviés de notre propre chemin évolutif.

Pour les espèces humaines, l’une des premières formes d’ intention se révèle dans notre capacité à développer des complots, des histoires, des fictions personnelles ou collectives.

La vérité est multiple, complexe. De même, la manière dont nous sommes détournés, manipulés est probablement multiple et variée également. Dans l’immense complexité du phénomène de l’intrusion, la clarté intérieure et la concentration sont des atouts que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. Dans une remarque saisissante et effrayante, don Juan affirme “que l’esprit des planeurs n’a pas la moindre force de concentration”. Cette remarque fait écho à l’assertion Gnostique selon laquelle les Archontes n’ont aucune “ennoia”, aucune capacité à faire preuve d’intentionnalité. La concentration peut se définir comme étant une coordination entre l’attention et l’intention. Se concentrer consiste à amener une certaine profondeur à l’attention (Bythos) dans le cadre d’une intention (Ennoia). Les enseignements Gnostiques – Bythos et Ennoia- sont représentés par des divinités cosmiques ou encore les principes du Plérôme, la Totalité, et sont également des attributs de l’esprit humain. Ces deux attributs sont représentés par deux sphères dans les écrits Gnostiques. Se concentrer revient alors à amener les deux sphères ensemble vers un point unique, unifiée, vers un centre commun. Nous procédons constamment de cette manière lorsque nous concentrons notre attention sur une certaine intention ou but alors que les Archontes sont incapables de telles activités “parce qu’ils n’ont pas la moindre force de concentration”. Ils n’ont aucun pouvoir de concentration, aucune faculté innée qui pourrait combiner et unir l’intention à l’attention. Notre attitude, notre posture contre leur intrusion dépend de notre sang-froid intérieur, d’une discipline mentale et de la sobriété du guerrier. Les conseils de don Juan dans le cadre des épreuves des guerriers en sorcellerie peuvent en fait représenter la versionToltèque des stratégies gnostiques pour résister aux Archontes.

Points communs

Les enseignements de don Juan qui ont été développés dans une série de 9 livres écrits par Carlos Castaneda entre 1968 et 1998 (Le Voyage définitif publié à titre posthume) contiennent des parallélismes distincts avec les instructions des Gnostiques. Nos nouveaux sorciers et la nouvelle sorcellerie introduite par Castaneda représentent une extension et un héritage du savoir traditionnel des “anciens sorciers” de la tradition Toltèque du Mexique antique. Cette nouvelle sorcellerie diffère de l’ancienne principalement parce qu’elle ne s’intéresse pas aux complexes luttes et jeux d’influences, vendetta, sinistres pactes avec des puissances non humaines ainsi que le contrôle sur autrui ou sur toute chose. Que cela soit en termes Toltèques ou gnostiques, la libération ultime de l’humanité peut sans doute consister dans le fait de se confronter à ces prédateurs étrangers. Ils ne sont pas ici pour nous aider ou nous faire évoluer mais en les confrontant et en les surpassant, nous pouvons gagner un élan vital pour accéder à un autre niveau évolutif de conscience.

Voici certains points communs entre la connaissance gnostique et le néo-chamanisme castanédien dérivé du savoir toltèque:

La mise en lumière d’un esprit “extraterrestre” ou d’une implantation étrangère qui nous rend moins humains ou différent de ce que nous pouvons humainement être en réalité est comparable à l’idée gnostique d’un virus idéologique implanté dans nos esprits par des Extraterrestres/Archontes.

L’importance pour le sorcier de la maîtrise de l’intention, comparable au fait que les Gnostiques insistent sur l’existence du concept d’ Ennoia ou intentionnalité, qui nous relie et nous rapproche des Dieux et nous élève au-dessus des Archontes.

Castaneda insiste sur l’importance de la syntaxe (des attributions correctes de sens ainsi que l’usage de signaux de commande mentale pour diriger l’intention), ce qui est comparable aux enseignements gnostiques relatifs à la clarté mentale et l’usage pertinent des définitions.

L’assertion des Toltèques selon lesquelles la prédation constitue le cœur du sujet ou encore “le sujet de tous les sujets” est comparable à l’importance que les Gnostiques accordent à la confrontation de l’humanité avec les Archontes. En termes brefs, si nous ne pouvons pas voir comment nous sommes déviés de notre vraie conscience, nous ne pourrons pas trouver notre vraie chemin dans le cosmos.

Le travail avec le rêve éveillé, le voyage astral, la projection de son double que l’on trouve dans les cercles gnostiques et dans les écoles des Mystères est comparable à de nombreux épisodes et concepts que l’on retrouve dans l’univers de Castaneda.

Le modèle Toltèque de “grandes bandes d’émanations” qui se répandent, composent et infiltrent l’univers et qui sont similaire aux émanations qui ruissellent à partir du Plérôme décrit dans la Cosmologie gnostique.

• La distinction Toltèque entre les êtres organiques et inorganiques est identique à la distinction gnostique entre les êtres humains et les Archontes (être inorganiques).

• L’exploration toltèque des autres mondes et autres dimensions de la perception non-ordinaire est comparable à ce que l’on trouve dans les écoles des Mystères

• La description que fait don Juan à propos de l’œuf lumineux (ndt r: selon don Juan, lorsque l’on “voit” vraiment l’homme tel qu’il est, on voit avant tout un œuf lumineux) que l’on peut mettre en parallèle avec l’ovale de claire lumière soit la notion d’ augoeides dans les écoles des Mystères.

• La figure de l’Aigle qui est une métaphore première et fondamentale chez Castaneda est répétée dans la NHL (Nag Hammadi Library) dans laquelle la voix enseignante de l’esprit sacré qui équivaut sans doute à la “voix de voir” de Castaneda affirme : “ J’apparais sous la forme d’un aigle sur l’Arbre de la Connaissance, le premier savoir qui surgit de la pure lumière, ce premier savoir que je peux leur enseigner afin de les éveiller et les tirer des profondeurs du sommeil ” (L’Apocryphe de Jean). (ndtr: la voix de voir est un concept typiquement Castanedien. La “voix de voir” est une voix que l’on doit écouter pour vraiment VOIR la réalité et qui apparaît suite à une certaine discipline intérieure)

• L’organisation d’une cohorte de sorciers en 8 paires de sorciers mâles et femelles est comparable à l’organisation des cellules des écoles des Mystères, cellules organisées en 16 membres, 8 de chaque sexe (on a découvert des objets artisanaux très anciens à Pietroasa témoignant de l’activité des cellules gnostiques comme “la coupe ophidienne du Serpent”, la coupe Pietroasa)

L’entretien de ce feu intérieur ou “feu du dedans” (ndtr: titre d’un livre de Castaneda), la Kundalini et le Serpent à Plumes des Toltèques est comparable au Serpent ailé des Gnostiques

• Le mécanisme du point d’assemblage.

Un livre entier serait nécessaire pour développer exhaustivement tous ces parallélismes. Trois éléments factuels sur dix revêtent une importance toute particulière. Ces faits sont l’œuf lumineux, les grandes bandes d’émanations et le rôle joué par certains êtres inorganiques ou alliés.

L’œuf lumineux

Dans un passage décrivant la puissance infinie du Créateur origine de tout, à savoir la Divinité des Eons, l’Apocryphe de Jean (Nag Hammadi Library II, 1) affirme à propos de l’entité créatrice de toute chose, le Vrai Dieu ou qui que ce soit qui fusionne dans le champ de connaissance du vrai Dieu, origine de tout la chose suivante : “Ce n’est que lui seul qui regarde l’observateur dans la lumière qui l’entoure ”. Le langage est certes ambigu et de ce fait, il est impossible de savoir si l’aura de lumière environnante appartient uniquement au Vrai Dieu ou aux êtres humains capables de percevoir le vrai Dieu originel. Un examen minutieux de ce passage pourrait indiquer que le pouvoir manifeste émanant du Dieu Originel englobe d’une manière ou d’une autre ses témoins humains dans des sphères de lumière :

“C’est la source de l’eau de la vie qui est donnée à tous les Eons et à toutes les formes de vie qu’ils (les Eons) suscitent. Quiconque contemple sa propre image dans la source de lumière perçoit les choses comme l’esprit universel les perçoit. Quiconque se concentre su cette image, la voyant dans la source de lumière liquide et exerçant l’intention, (réalise et reconnaît) la source d’eau pure, lumineuse qui l’environne. (10)”

Ce passage est obscure et requiert une comparaison prudente de deux traductions. L’approche méticuleuse de Bentley Layton des textes a suscité chez lui le besoin de mettre en italique les mots “pures, lumineuses”. Il indique une variation textuelle (voir note en bas de page) : “La lumière pleine de sanctification. La source (ou fontaine) de l’esprit ruisselait à partir de la vivante eau de lumière”. Ceci met en évidence une métaphore récurrente chez les Gnostiques, l’image du torrent. La Divinité est pareille à un torrent, “telle une fontaine, une source, ce qu’elle est en réalité, elle s’écoule encore en ruisseaux et en lacs, en canaux et en bras de fleuves”. Un torrent que l’on peut aisément imaginer en train de se répandre, se dissiper et s’écoulant en gouttes discrètes, des gouttes ovoïdes, œufs de lumière, c’est à dire les œufs lumineux de Castaneda. (11)

Le terme de “sanctification” apparaît dans les formules d’initiation et prières rituelles de protection. A partir de là, l’œuf lumineux peut être scellé (“sanctifié”), refermé contre toute intrusion indésirable venue du cosmos. La biologie moderne désigne la membrane cellulaire protectrice comme étant la signature de toutes les formes de vie supérieure. Castaneda s’exprime en détail dans ses écrits au sujet de l’œuf lumineux et de la façon dont celui ci est scellé et isolé des grandes bandes d’émanations, ce ruissellement du plérôme qui se diffuse dans le monde naturel. La majorité des descriptions relatives à l’œuf lumineux citées dans les passages ci-dessus proviennent du 7 ième volume de Castaneda, “Le Feu du Dedans” (disponible en format poche aux éditions Folio).

Très astucieusement, Layton observe dans les textes gnostiques comment le passage impliquant l’œil scrutateur du “parent” Eon (ndr : entité supérieure créatrice des Gnostiques ) configure et “façonne” les cellules lumineuses emplies de lumière vivante: “ Le parent est tel un œil détaché, isolé dont le rôle est de simplement regarder. Cet œil est environné par une “eau lumineuse” réfléchissante de façon à ce “qu’il contemple son propre Soi”. Sa propre ‘image’ qui est auto contemplée devient objective, tout comme le second principe, “l’image de l’invisible et parfaite Vierge de lumière ” (12). Mon interprétation de ce passage serait que la force créatrice et originelle, l’origine de la source de cette lumière liquide qu’est la vie éternelle, en se réfléchissant elle-même; génère un jaillissement torrentiel, de grandes bandes d’émanations dans lesquelles des entités ovoïdes; comparable à des bulles de vie prennent naissance. Cette description correspond exactement à ce que Castaneda montre à travers les grandes bandes d’émanations dans l’univers. L’analogie avec le concept du torrent contenu de le “Traité Tripartite” (ndtr: écrit gnostique) représente peut-être la métaphore la plus pertinente parce que nous pouvons aisément nous représenter un torrent ou une chute d’eau comme par exemple les chutes du Niagara, un torrent dont une partie peut être réduite et isolée à l’image de quelques gouttelettes éclaboussant des rochers quelque part tout en bas du torrent.- tout en sachant que toute la force de ce torrent est contenue dans ces gouttelettes.

Le cercle de cette eau lumineuse et pure, comparable à la pluie peut apparemment être observé dans des états de perception de réalité non ordinaire. Une grande partie de l’entraînement de Castaneda se focalise sur l’art de “voir” (une fois de plus, mis en italique par Castaneda) ces œufs lumineux qui entourent les êtres humains ainsi que les autres entités organiques.

On peut retrouver un prototype cosmique de l’œuf lumineux dans le concept d’œuf Orphique, une image gnostique de la Force Créatrice Originelle, notamment la divinité gnostique. La divinité est pareille à une source “dont le but est de simplement jaillir et s’écouler à l’infini” (Layton). Exception faite que cette source dont émanent des gouttes de vie se contient elle-même (paradoxalement), elle ressemble à un œuf, un ovale plutôt qu’à un cercle parfait comme pourraient le laisser entendre les conceptions platoniciennes. Dans le Panthéon Orphique , G.R.S Mead décrit l’œuf cosmique en ces termes :

“L’œuf de vie, ayant été extirpé de la Substance Mère infinie et sans limites et mise en mouvement par sa Substance Mère subjective et éternellement en mouvement, se manifeste par des changements sans fin. A partir de l’intérieur de sa périphérie, une Puissance vivante à la fois mâle et femelle (“l’animal” absolu) est conçue par la pré connaissance du divin (Père) Esprit (Ethère), qui y réside, l’œuf, que le pouvoir d’Orphée appelle Phanes dans son éclatante lueur, l’univers tout entier le pousse en avant… (13)”

Ce langage est identique aux principes de cosmologie gnostiques que l’on retrouve dans le Traité Tripartite”, L’origine du Monde”, “la seconde Paraphrase du Grand Shem” ainsi que dans d’autres textes. Mead dresse des parallélismes limpides avec le Tantra Vidya hindou, un autre important système fondé sur le concept d’émanations ou système “émanationniste”. Je crois que l’on peut en déduire l’existence de la puissance super-organique des Eons dans cette cosmologie: le torrent d’émanations à partir de la Matrice du Plérôme est pénétré, infiltré par la prise de conscience, et l’acte même de l’observation des choses possède un impact organique. De ce fait, c’est ainsi que sont conçues les myriades de formes de vie, les prototypes (de vie), en ce compris les œufs lumineux.

Les Etres inorganiques

Selon don Juan, le monde que nous percevons est complètement investi par un réseau d’innombrables filaments d’une substance lumineuse qui se présentent sous la forme de bandes torrentielles d’énergie. Celles-ci forment « les émanations de l’Aigle », regroupées en faisceaux, en grappes. “ Les anciens sorciers appelaient ces grappes ou faisceaux, les grandes bandes d’émanations… Pour les sorciers, il existe 48 formes d’organisations sur terre, 48 espèces de faisceaux ou de structures. La vie organique est l’un de ces faisceaux, l’une de ces bandes d’émanation ” (14). Don Juan décrit en détail comment ces bandes d’émanations sont organisées. Une de ces bandes porte la vie organique telle que nous la connaissons. Ensuite, il y a 7 bandes qui génèrent les bulles de conscience des êtres inorganiques. Ensuite, il y a 40 bandes de pure structure, des bandes de propriétés formelles qui ne portent en fait aucune conscience; “elles ne génèrent que de l’organisation”. Notre monde organique est donc créé à partir d’une bande organique et d’une bande contenant de l’organisation.

Il est remarquable de noter que dans le schéma classique du système planétaire, il existe en dehors de la terre elle-même, 7 planètes. Si nous mettons la terre à part pour la ranger dans la catégorie de manifestation déterminée par une bande organique appariée avec une bande porteuse d’organisation, les “7 bandes inorganiques” peuvent être mises en relation avec le classique modèle des “7 planètes” (ndtr: ces planètes ne sont pas considérées comme porteuses d’une vie organique comparable à celles que l’on trouve sur terre). Les Gnostiques pensent que la terre n’appartient pas au système planétaire mais qu’elle a purement et simplement été capturée par celui-ci. Les Gnostiques identifient le système planétaire sans tenir compte de la terre sous l’appellation de “Heptade” ou Septuple. Ce système de l’Heptade est le royaume des Archontes qui sont des êtres inorganiques. Le parallélisme avec les “7 bandes inorganiques” dans le schéma de pensée de Castaneda semble donc être exact.

Il est étrange de constater que les Gnostiques étaient capables de localiser l’habitat des Archontes dans le système planétaire, excluant la terre. Le Royaume des Archontes pourrait être formé à partir des 7 bandes inorganiques. La présence de ces Archontes dans le monde généré autour de nous pourrait en fait être une intrusion. Castaneda n’indique nulle part dans son œuvre que les entités prédatrices (ndtr: les flyers ou planeurs) proviennent bien de ces 7 bandes inorganiques, mais la conclusion semble couler de source. Il affirme que les “planeurs” sont des êtres inorganiques. Par conséquent, la conclusion que l’on peut en tirer est non seulement évidente mais également logique.

Don Juan précise que nous, êtres organiques, pouvons et généralement entamons des contacts avec des êtres inorganiques. Nous faisons cela en changeant la position de notre point d’assemblage et en le positionnant dans le territoire inconnu d’autres bandes d’émanation, ou encore en glissant notre point d’assemblage dans des régions inconnues de notre propre bande d’émanation. Une grande partie de l’ensemble des activités de Castaneda consiste en ces incursions dans ces autres mondes qui sont voisins du nôtre.

“Une fois que la barrière est rompue, les êtres inorganiques changent et deviennent ce que les sorciers appellent des alliés ” (15). Ces alliés peuvent s’avérer être déviants, manipulateurs voire mortels mais le fait de les maîtriser s’avère être une tâche des plus importantes de la nouvelle sorcellerie. (ndtr: la nouvelle sorcellerie est la discipline créée par les nouveaux sorciers qui se démarquent totalement des pratiques des sorciers toltèques des temps anciens). Le cosmos au sens large recèle de très nombreux alliés. Le prédateur sombre, porteur d’ombre pourrait être une catégorie unique et à part d’êtres inorganiques qui ne sont absolument pas des alliés, et encore moins un allié qui serait particulièrement difficile à maîtriser.

Quelles que soient les éventualités auxquelles nous devons faire face, nous avons besoin de confronter cet être inorganique au fait d’expérimenter “ la totale certitude de l’origine étrangère de l’esprit ”. Le “prédateur qui venait des profondeurs du cosmos et qui gouverne notre existence ” peut certainement être identifié aux Archontes qui sont dirigés par leur Suzerain, Ialdabaoth. don Juan décrit l’intrusion extraterrestre et sa principale conséquence –la modification du comportement – de la manière la plus vivante. don Juan fait ce commentaire saisissant sur ce que l’on pourrait gagner de notre rencontre avec ces entités: “Les planeurs sont un constituant fondamental de l’univers et nous devons nous efforcer de les voir sous leur véritable jour : terrifiants, monstrueux. C’est par leur intermédiaire que l’univers nous met à l’épreuve” (16) (Le Voyage définitif p277)

Cette épreuve ne se limite de toute évidence pas aux personnes qui s’aventurent dans les états de réalité non-ordinaire car l’influence des planeurs n’est que trop apparente dans le monde de la réalité ordinaire. “Le prédateur est notre seigneur et maître. Il a su nous rendre faibles et dociles. Il étouffe toute velléité de protestation ou d’indépendance et nous empêche d’agir librement. Qui cherche à élever une protestation voit son désir supprimé ! Qui cherche à faire preuve d’indépendance se voit rappeler dans les rangs!» (ndtr : Castaneda)

Il est intéressant de comparer l’explication et la cause que don Juan donne à l’intrusion de ces prédateurs aux explications que nous fournit la connaissance Gnostique à propos de cette invasion. Don Juan affirme que nous sommes de la nourriture pour ces planeurs, que nous leur donnons en quelque sorte leur moyen de subsistance. Ceci pourrait correspondre à certaines peurs qui sont exprimées dans les théories contemporaines sur les extraterrestres et les Ovnis dans lesquelles les Gris sont dépeints sous les traits de sinistres parasites qui se nourrissent d’êtres humains aussi bien psychologiquement que physiquement. Le présumé “Rapport de Dulce” (ndtr: Dulce Report: documents d’origine incertaine décrivant les activités sur la base secrète de Dulce au Nouveau-Mexique) contient une description de laboratoires souterrains emplis de containers utilisés pour développer des hybrides extraterrestres-humains ainsi que d’autres réservoirs contenant des organes et des membres humains. Très curieusement, ces extraterrestres qui semblent capables de soutirer tout le sang des animaux (ndtr: mutilations de bétails ou «cattle mutilation») ne trafiquent pas avec le sang humain. Cela peut être une substance taboue pour eux. Le scénario impliquant des entités extraterrestres malveillantes semble impliquer l’existence d’une sorte de vampirisme.

La thèse développée par don Juan pourrait apparaître bien plus sophistiquée que ces sinistres scénarii extraterrestres. Parce que les prédateurs proviennent d’un monde situé au-delà du royaume de la syntaxe et du vocabulaire caractéristique et endémique du mode de pensée humaine , les prédateurs peuvent nous “pressurer implacablement ”, simplement pour faire une petite «virée» dans nos circuits mentaux et par conséquent, détourner l’intention et saper l’attention. Il est difficile d’expliquer simplement comment tout cela les nourrit mais ils doivent désespérément avoir besoin d’une forme de distraction pour remplir ou divertir leur esprit routinier et robotique. La conception gnostique sur le ressort de l’envie, de la jalousie et de la cupidité correspond parfaitement à cela et peut rejoindre l’interprétation de Castaneda. “ Les prédateurs nous élèvent dans des poulaillers humains, … pour ne jamais manquer de nourriture ” (17) (ndtr : Selon Anton Parks, l’homme (ou A-Dàm) est considéré comme du bétail dans les textes sumériens par les Annunaki)

Don Juan précise que la soumission aux prédateurs seraient en réalité équivalente au suicide. “Ce à quoi nous devons faire face n’est pas un simple prédateur ” insiste don Juan.“ Il suit un système méthodique pour nous neutraliser et nous empêcher d’être la créature magique que nous étions destinés à être. Nous ne sommes plus désormais qu’une source de ravitaillement et n’avons d’autres rêves que ceux d’un animal que l’on élève pour sa viande: des rêves banals, conventionnels et imbéciles ”. (18)

Le point d’assemblage

Parmi les nombreuses révélations étranges sur les enseignements de don Juan, le sujet du point d’assemblage est certainement l’un des plus déconcertants. Dans plusieurs livres, on nous dit que l’œuf lumineux qui environne l’être humain est attaché au corps physique par un mécanisme singulier appelé le point d’assemblage. Le lieu de ce point d’assemblage est situé à l’arrière et au-dessus de l’épaule droite. Apparemment, à cet endroit du corps, l’œuf lumineux exerce une sorte de pression, formant une sorte d’irrégularité, un point de brillance plus intense. Aussi longtemps que la force de l’œuf s’exerce sur cette irrégularité, le point d’assemblage reste stable et l’être humain perçoit la réalité de façon prédéterminée (ndtr : c’est à dire notre réalité quotidienne). En faisant bouger le point d’assemblage, les sorciers sont capables de changer leur perception de la réalité ou encore déconstruire et reconstruire à volonté la réalité.

Les instructions de don Juan concernant le point d’assemblage sont certainement fascinantes mais également déroutantes et loin d’être claire. Tout ceci est extrêmement difficile à comprendre. Qui plus est, il semble que le point d’assemblage soit un concept bizarre qui ne peut être comparé à quoi que ce soit d’autre que l’on chercherait dans n’importe quel autre enseignement ésotérique.

Cependant, il existe une trace très rare d’un témoignage issu des Ecoles des Mystères qui décrit le point d’assemblage de la même manière que ce que l’on observe chez Castaneda. Dans “Le Corps subtil de la Tradition occidentale”, le chercheur gnostique G.R.S Mead cite «les écrits perdus de Damascius», l’un des derniers gnostiques qui a opéré à l’Ecole des Mystères (Le Musée) d’Alexandrie. Le travail de Damascius a été cité et paraphrasé par d’autres auteurs, de ce fait, certaines indications adultérées de ses enseignements nous sont parvenues. On dit qu’il a décrit “l’augoeides”, “l’aura dorée”, comparable à l’œuf lumineux de Castaneda. La nature et la fonction, l’opération de l’augoeides est l’un des plus profonds secrets des écoles gnostiques. Un traité perdu d’un enseignant de l’Ecole des Mystères, Isidorus, qui est cité par Damascius, expliquait que l’augoeides est une aura lumineuse qui entoure l’être humain comme une membrane ovale de telle façon que le corps humain flotte au centre de cet ovale. C’est précisément le mode de description employé par Castaneda pour dépeindre l’œuf lumineux. Damascius affirme également : “ L’âme possède un certain véhicule rayonnant (le schéma de l’augoeides) comme on l’appelle et qui est pareille à une étoile et qui est également éternelle. Et ce véhicule (qui entoure le corps comme un ovale) représente également une protection pour le corps et qui est attaché à ce corps soit par la tête selon certains, soit au niveau de l’épaule droite selon d’autres –une constatation que personne ne semblait avoir faite ” (Dans GSR Mead, La Doctrine du corps subtil dans la tradition occidentale).

Il est remarquable de constater qu’Isidorus, à son époque, pensait qu’il était utile de montrer que ce genre de connaissance était à la fois rare et étrange, “une constatation que personne ne semblait avoir faite”. Plus remarquable encore est le fait de mettre en relief l’un des détails les plus bizarres, les plus exotiques que l’on puisse trouver dans les textes de Castaneda et qui se voient être confirmés par un enseignant des Ecoles gnostiques qui a vécu au 5 ième siècle de notre ère!

Le tout dans le tout, les parallélismes entre l’enseignement gnostique et la nouvelle sorcellerie toltèque de Castaneda présentent quelques aperçus sobres et pénétrants de la condition humaine, rien de plus. Que pouvons-nous tirer de cette situation ? “Tout ce que nous pouvons faire est de nous discipliner au point qu’ils ne nous toucheront plus, qu’ils ne s’intéresseront plus à nous ” conseille don Juan. De façon significative, don Juan déclare que ces prédateurs «ne nous toucheront plus» et non pas «qu’ils ne pourront plus nous toucher». Il a également affirmé que les prédateurs inorganiques représentent l’épreuve que l’univers nous a envoyé pour nous tester. Il s’ensuit que l’intention pour arranger nos esprits et nos vies exercée de manière à ce que les Aliens/Archontes ne puissent pas nous envahir et nous manipuler se révèle être un exercice capital, une épreuve continue pour l’humanité.

John Lash
Traduction : Karma One

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Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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