Premier mouvement de vacuité

Le premier mouvement de la vacuité, c’est l’amour.

On l’appelle aussi premier appel, c’est le même amour. Il conduit à cet univers tout entier, à la créativité de cette existence et à sa naissance. Il est exactement comme une mère. Tout émane de ce sentiment d’amour et de beauté indescriptibles. C’est la première expression de la non-existence. En ce sens, l’amour est souvent un portail ou une voie d’entrée dans l’état le plus vrai, le plus profond. A mon sens, la raison qui fait que les êtres humains ne ressentent pas l’amour, c’est qu’ils se sentent dissociés d’eux-mêmes, de ce qui est amour, la source de l’amour.

Tout le mécanisme humain n’est que de l’amour incarné…

La créativité incarnée. L’ego ne le voit pas. Il est incapable de laisser entrer ce genre d’amour. Seule notre nature essentielle peut le laisser pénétrer sans se voir dépassée par celui-ci. C’est la raison pour laquelle dans les communautés spirituelles, le maître n’est pas uniquement aimé, mais vénéré, parce que l’ego ne peut absorber une telle quantité d’amour. Les gens ressentiront peut-être même cet amour en eux-mêmes, mais puisqu’il surpasse l’ego, on le projette sur le maître.

Nous avons tendance à projeter notre propre Vérité,

notre propre beauté, vers autre chose. Nous passons une entente inconsciente telle que la projection suivante : » Délibérément ou par ignorance, moi, je décide d’être une personne séparée. Mais puisqu’en réalité, je ne suis pas quelqu’un de séparé, je dois alors me départir de ma Vérité. Mais comme en réalité je ne peux me défaire de la Vérité – car elle ne disparaîtra pas de l’univers – il faut que je l’envoie ailleurs. Si je prétends être cette personne limitée, je dois attribuer ma nature divine à quelqu’un d’autre. » Voyez-vous, elle va alors à Jésus, au Bouddha ou au maître spirituel.  » Quelqu’un doit l’entretenir tant que je suis occupé à être moi. »

A mon avis, quand il y a l’Amour,

dans son sens le plus vrai, nous tombons littéralement amoureux de notre propre Soi. nous tombons amoureux de ce que l’ego ne peut garder. Si nous renonçons à être quelqu’un de séparé, nous retrouvons notre nature essentielle et nous assumons notre Soi; nous pouvons ainsi regarder le Bouddha – ou un personnage sacré ou notre maître – et savoir directement et absolument :

 » C’est moi. C’est la même chose. »

On commet souvent l’erreur de croire

qu’être en présence d’un « Éveille » ou d’un « Réalisé » va guérir instantanément le corps de toutes ses maladies et l’âme de toutes ses errances. Il y a une illusion tenace à ce sujet.

Bien que cela puisse se produire,

la plupart du temps on repart avec ses souffrances même si le temps d’un satsang ou d’un darshan une ouverture (délicieuse) s’est manifestée, libérant un peu d’espace dans l’encombrement individuel. Ce qui peut arriver c’est que non seulement on repart avec son paquet, mais d’autres désagréments peuvent survenir. Si cet état (la guérison spontanée) était une règle absolue, le seul fait de la présence d’un être immergé dans le Soi, libéré de toute identification personnelle, pourrait guérir toute l’assemblée. Instantanément. Si c’était le cas, le simple évènement de la manifestation d’un Libéré vivant devrait guérir toute l’humanité.

On ne peut que constater que ce n’est pas ainsi que ça se passe.

Si on examine les choses sur un plan vibratoire,

  on peut dire qu’un être ouvert à sa splendeur intérieure émet une fréquence plus haute qu’un individu enfermé dans ses illusions qui se rêve comme un corps, une âme dans un corps, qui pense et ressent, avec son libre-arbitre. En résonance avec ces croyances, il se reconnaît plus ou moins responsable de ses actes et en subit les conséquences.

A partir de là on imagine aisément

qu’un être qui s’est reconnu dans l’unité de la vie ne peut plus tomber malade. Encore une illusion bien ancrée. Je ne connais pas un seul de ces êtres merveilleux qui ne soient morts de maladie ! J’ajouterai sans tomber dans le « Drama » que quelques individus ayant atteint la libération sont partis rapidement après cette réalisation… Bien sûr on dit que certains d’entres eux « prennent » la maladie de leurs disciples.

 Il arrive donc qu’en leur présence,

ou en allant sur des lieux saints, le phénomène se produise, quasiment instantanément : le corps recouvre toute sa vitalité, toute son harmonie, l’esprit est clair, joyeux, désencombré, ouvert à Ce Qui Est. Mais cela peut aussi se produire sans être en présence de quelqu’un de « spéciale » , et dans des lieux tout à fait ordinaires.

C’est un vrai mystère n’est-ce-pas,

pourquoi celui-ci guérit et pas celui là ? Selon mon observation, certaines empreintes karmiques sont parfois soufflées dans la présence d’un Libéré, non pas par une intention délibérée, mais par un effet miroir, (ta foi ta sauvée nous disait Jésus), et parfois l’empreinte karmique éclairée par la Présence est amplifiée, semblant aggraver la situation. Probablement que ce n’est pas encore mûr pour lâcher (Je n’ai aucune certitude à ce sujet).

Ce que j’ai pu constater c’est qu’un alignement corps/cœur/esprit tout tourné en cette essence divine qui fait l’existence, c’est-à-dire en Soi, permet – parfois – une guérison spontanée.

D’autre part, même en étant en bonne santé, et encore un fois contrairement à se qu’on s’image, certaines ouvertures en Ce Qui Est peuvent provoquer un jaillissement d’énergie vibratoire assez déstructurant pour le corps physique. De la même façon qu’un flot de lumière éblouissante peut rendre aveugle quelqu’un étant resté depuis longtemps dans le noir, une immersion dans cet Amour peut vous exploser le cœur, ou encore une plongée dans ce Silence peut vous rendre fou…

Tout dépend de la masse égotique.

La puissance énergétique libérée lors d’une ouverture à Dieu n’est pas anodine. C’est pour cela qu’il est souvent préférable d’avoir un bon maître spirituel qui sert en quelque sorte de garde-fou, ou en tous cas de régulateur d’énergie.

Ce qui arrive après ces retournements au Soi, au cœur ou à Dieu, c’est que le corps subit des transformations énergétiques notables. Elles sont parfois douloureuses et pénibles à vivre.

On peut ressentir des douleurs « tournantes » dans la tête qui n’ont rien à voir avec une migraine ordinaire, comme si « l’énergie » appuyait fortement dans certaines parties du cerveau et essayait d’élargir le crâne, de l’ouvrir même !

La nuque devient un point sensible, il peut y avoir une poussée intense, et de temps en temps la pression peut devenir difficilement supportable.

En période de dévotion enflammée, le cœur peut devenir un brasier dévorant et des rougeurs apparaîtront au niveau du thymus. De la même façon on aura l’impression que la cage thoracique est écartelée qu’elle ne va pas pouvoir contenir tout cet amour. Le cœur physique peut parfois en faire les frais.

Certaines « poussées » énergétiques vont comme brûler la colonne vertébrale et des rougeurs pourront apparaître le long du dos. (cercles rouges au niveau des principaux chakras).

On pourra avoir la sensation de marcher un peu au-dessus de son corps, et de ne pas peser plus qu’une plume d’ange, d’autre fois ce sera le contraire et on aura l’impression de ne plus pouvoir déplacer ce corps tant il pèse de tout le poids de sa matière. Il arrivera également de se sentir traversé par des flux énergétiques abondant un peu comme si on était envahie par une marée galopante.

On pourra ressentir une vibration intense à la racine du nez (ce qu’on appelle le 3eme œil) , la tension peut être si forte que toute la tête peut se sentir secouée, comme si elle était puissamment vrillée à partir de ce point entre les sourcils…

Et je ne parle ici que des perturbations pouvant survenir sur le plan physique après une simple ouverture à l’Ineffable.

Mais tous ces désagréments physiologiques

sont largement effacés dans la joie de l’Unité retrouvé. On a de toute façon une forte intuition de ce qui se passe, et dans ce cas là, il vaut mieux laisser faire avec confiance, on peut même parfois les regarder se produire sans en être affecté …

Adyashanti
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A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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2 commentaires pour Premier mouvement de vacuité

  1. Sol dit :

    « Mon cœur est devenu capable d’accueillir toute forme :
    Il est un pâturage pour les gazelles,
    un Couvent pour les moines,
    un Temple pour les idoles,
    la Mecque pour les pèlerins.
    Il est la Table de la Torah
    et le Livre du Coran.
    Je suis la religion de l’Amour, où que se dirigent ses montures.
    L’Amour est ma religion et ma Foi. »

    Ibn Arabi.

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