Éros unité de Alain Galatis

Dans ce nouvel ouvrage, Alain Galatis ne témoigne plus d’un cheminement possible de l’individu vers l’unité du réel mais reconnaît l’évidente primauté de celle-ci. Explorant les multiples facettes, souvent paradoxales, d’un tel changement de perspective, l’auteur se confronte à un obstacle principal : comment considérer le mal et la souffrance face à l’unité ? Une telle position l’amène également à une remise en question radicale du travail jusque-là accompli. Il n’y a jamais eu d’individus et le passage du fini à l’infini fut également un leurre. Seule existe l’union du monde. Seule existe la pure fusion amoureuse de ce qui est. Seul existe le réel qui est amour.
Extrait du titre


Le magma

Ainsi, il est possible à l’humain de plonger au cœur du réel, dans le magma en fusion de ce qui est, où il se trouve instantanément calciné, pulvérisé en particules innombrables, transformé en lave insignifiante. Il lui est possible de rester conscient, à chaque instant, de ce processus, de cet anéantissement. Il lui est possible alors de se découvrir innommable conscient, conscience de l’indicible. Et il est possible de revenir, de réintégrer le monde des apparences, d’évoluer dans l’espace et le temps, d’agir sous une forme particulière.

Une fois ces deux dimensions clairement perçues, l’individu et le magma, les éprouvant à chaque instant, plusieurs questions nouvelles se pressent : l’humain est-il individu ? Ou est-il magma ? Ou est-il individu et magma ? Mais comment un individu peut-il apparaître dans le magma ? L’individu se révèle une apparence dont le magma se pare. Le magma englobant tout, ne connaissant aucune antériorité, aucune dimension, aucunes limites, d’où l’humain a-t-il plongé ? Il était déjà magma. Il était magma, mais il ne le savait pas. Pourquoi, alors, accomplir ce plongeon s’il n’est pas réellement un plongeon ? Et comment un plongeon qui n’existe pas peut-il être un acte excessivement important, désespérément vital ? S’il se révèle tellement nécessaire, pourquoi n’est-il pas accompli rapidement, aisément, facilement, par tous, là, maintenant, tout de suite ? Si l’humain est magma, lave insensée, pourquoi ne le perçoit-il pas ? Comment peut-il encore croire aux apparences ? Qu’ont-elles de si obscurcissant ? Quelles forces possèdent-elles pour que les humains se transforment en fragments infimes de lave refroidie roulant solitaires le long du volcan ?

2

Cercle vicieux

Constamment, l’humain crée les illusions qu’il sera amené à démonter et dont il devra se défaire. Paradoxe : pour se découvrir magma, l’humain doit reconsidérer cette conscience particulière d’être un individu mais, à chaque instant, ses pensées et ses perceptions le ramènent à cette dimension. Ainsi, perpétuellement, recrée-t-il le théâtre duquel il cherche laborieusement la sortie. Un cercle vicieux se dessine. L’humain se bat contre des ombres, mais ces dernières sont uniquement ses propres gesticulations projetées sur l’écran de sa conscience. Il suffirait de se tenir parfaitement immobile pour que s’évanouissent les fantasmagories, tel un projecteur de cinéma que l’on éteint.

102

Les éclats

Un seul et unique événement. Les uns y voient le fini, les autres l’infini. Mais le fini est éclat, bribe, fragment de l’infini. L’éclat témoigne de l’infini. En lui et grâce à lui nous pouvons voir l’infini. L’infini, lui, recèle le fini. Il l’observe. C’est-à-dire qu’il se mire. Il regarde des fragments de ce qu’il est.

103

Courage

Ayons le courage de l’infini.


« Qui que vous soyez et quoi que vous fassiez, vous vous trouvez toujours forcément en un lieu et à un instant particulier. C’est notre point de départ : ce qui se produit à l’instant et à l’endroit où vous êtes. Le reste relève de l’imaginaire. Vous savez qui vous êtes et où vous vous trouvez, mais ce sont toujours des pensées; elles sont étrangères à la réalité. Renoncez alors à définir. Il est possible de rester immobile, tranquille, sans songer à votre identité. Personne ne vous interroge. Vous ne devez vous justifier de rien. çà va ? Vous êtes toujours là ? Que se passe-t-il maintenant ? Vous n’avez pas disparu. Au contraire, vous êtes au cœur d’un événement. Quelque chose se produit. Vous ne pouvez plus vous référer à une dimension spatio-temporelle. Vous ne savez plus qui vous êtes, ni où vous êtes. Maintenant, vous pouvez découvrir l’inconnu. Vous apercevez un mouvement premier, indéfinissable.
Vous vous trouvez à la très fragile frontière séparant le monde de vos représentations et ce qui se produit. Et vous pouvez passer de l’un à l’autre. Vous glissez comme sur un toboggan, vers le réel. En renonçant à toute définition puisqu’elle est subjective, limitée inopportune, vous découvrez un fait premier, inouï, incommensurable : de l’être, partout, de tous les côtés, emplissant tout, à chaque instant, et vous en êtes conscient. Vous êtes passé derrière le décor en trompe-l’oeil. »

« Mondes mouvants, êtres mouvants. Chacun, ruissellement ininterrompu de l’unique. Multitudes qui se rencontrent, se frôlent, se touchent, se pénètrent, se déversent, se mélangent, l’un dans l’autre infiniment. Rencontre de soi avec soi. L’indifférenciation première. Tout et tous parfaitement présent en chacun. Et chacun présent en tous.

Submergé, liquéfié, tu t’écoules dans le moindre interstice, noyant parfaitement ce qui se produit d’une eau unique. Ce ne sont pas des mains inconnues que tu serres. Ce ne sont pas des visages inconnus que tu regardes. Ce ne sont pas des corps inconnus que tu touches. C’est constamment un seul être qui se déclare. Un seul être qui se reconnaît. Un dans le multiple et le multiple dans l’Un.

Ici la terre devient l’eau. Et l’eau devient la terre. Et la terre devient l’air. Et l’air devient le feu. Un seul et unique élément que rien ne peut troubler. Un mouvement infini. Rayonnant, irradiant, vibrant, aimant.

Nous ne sommes pas et n’avons jamais été des individus mais des corps d’air, des esprits de feu, des regards de terre, des gestes d’eau, un ventre minéral, des bras végétaux, des jambes animales, une tête de flammes,

un cœur océan. »

Sources: http://www.lesdeuxoceans.fr/detail.asp?titre=182

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A propos Océan sans rivage

Ou bien parais tel que tu es, ou bien sois tel que tu parais. Rumi
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Un commentaire pour Éros unité de Alain Galatis

  1. Sol dit :

    Altitude

    On ne doit pas considérer l’optimisme et le pessimisme comme de simples questions de tempérament ; optimisme et pessimisme sous-entendent deux philosophies de la vie. Seul celui qui recherche les biens spirituels peut être véritablement optimiste ; tandis que celui qui se concentre sur les biens matériels, même s’il est d’abord plein d’espoir, sera un jour ou l’autre obligé d’abandonner ses illusions.

    Le pessimiste ne voit pas plus loin que les petites choses de la terre. L’optimiste au contraire ouvre son âme aux vastes étendues du ciel, car il sait que la prédestination de l’homme est de rejoindre un jour sa patrie céleste. Sur le chemin qui conduit à cette patrie, il rencontrera évidemment le mal sous toutes ses formes, il souffrira, il doutera des autres et de lui-même, il se découragera. Mais même dans les pires moments il ne sombrera pas, parce que dans son cœur, dans son âme, il porte cette vérité que Dieu l’a créé à son image, et que cette image de Dieu contient en puissance toutes les richesses, toutes les victoires.

    S’il y a une chose dont nous ne devons jamais douter, c’est qu’un jour nous rejoindrons notre patrie céleste, tandis qu’avec les entreprises terrestres le succès est beaucoup plus douteux, et il est en tout cas éphémère. Quand un étudiant a échoué plusieurs fois à un examen, on lui fait comprendre qu’il est inutile d’insister, et il doit abandonner. Mais quand il s’agit de notre prédestination divine, cette prédestination est si profondément inscrite en nous qu’un jour, à force de travail, nous arriverons au but. Et c’est cela véritablement l’optimisme.

    Omraam Mikhaël AÏVANHOV

    Aimé par 1 personne

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