Couleurs et symboles des roses

Car la Rosée est la Fleur de l’Air

Fort
Belle
Elle
Dort

Sort
Frêle !
Quelle
Mort

Rose
Close
La

Brise
L’a
Prise

P. de Resseguier

 
Comme bien d’autres végétaux, les roses ont un langage ; elles parlent d’amour depuis fort longtemps et chacun de leurs attributs peuvent être porteur de message :
 
boutons de rose : l’enfance innocente 
 
rose blanche : pureté, virginité, innocence, amour courtois, silence, intérêt 
 
rose blanche avec une rouge : sympathie 
 
roses blanches et rouges : feu du cœur et beauté ardente 
 

 

rose épanouie : beauté passagère 
 
rose sans épine : confiance, mais aussi le plaisir factice et facile 
 
rose pompon : gentillesse et grâce enfantine 
 
rose mousseuse : amour, volupté 
 
feuille de rose : jamais je n’importune 
rose jaune : mensonge, trahison, pour se faire pardonner une infidélité, rupture 
 
rose rouge : sang de la blessure et de la souffrance, passion amoureuse
 

 
L’image de la rose
 
On définit généralement l’allégorie en la comparant au symbole, dont elle est le développement logique, systématique et détaillé. Ainsi, dans la poésie lyrique, l’image de la rose apparaît souvent comme le symbole de la beauté, de la pureté ou de l’amour ; Guillaume de Lorris dans le Roman de la Rose en a fait une allégorie en racontant les aventures d’un jeune homme épris d’un bouton de rose. Il est évident qu’entre le symbole et l’allégorie, la faveur du public moderne va plutôt au premier, qui semble plus riche et plus profond. Mais cette préférence tient parfois à une conception trop étroite et trop superficielle de l’allégorie, conception dont les grammairiens du Moyen Âge sont tout autant responsables que les critiques des contemporains.
 

 
Les Roses
 
Remarquable par sa beauté, sa forme et son parfum, la rose est la fleur symbolique la plus employée en Occident. Elle correspond dans l’ensemble à ce qu’est le lotus, en Asie, l’un et l’autre étant très proches du symbole de la roue. L’aspect le plus général de ce symbolisme floral est celui de la manifestation, issue des eaux primordiales, au-dessus desquelles elle s’élève et s’épanouit. Cet aspect n’est d’ailleurs pas étranger à l’Inde, où la rose cosmique Triparasundarî sert de référence à la beauté de la Mère divine. Elle désigne une perfection achevée, un accomplissement sans défaut. Comme on le verra, elle symbolise la coupe de vie, l’âme, le cœur, I’amour.

 

La rose est, dans l’iconographie Chrétienne, soit la coupe qui recueille le sang du Christ, soit la transfiguration des gouttes de ce sang, soit le symbole des plaies Christ. Un symbole rosicrucien figure cinq roses, une au centre et une sur chacun le bras de la Croix. Ces images évoquent soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rédemption. Et puisque nous citons les Rose-croix, remarquons que leur emblème place la rose au centre de la Croix, c’est-à-dire à l’emplacement du cœur du Christ, du Sacré-Cœur. Ce symbole est le même que la Rosa candida de la Divine Comédie, laquelle ne peut manquer d’évoquer la Rose mystique des litanies chrétiennes, symbole de la Vierge ; le même peut-être aussi que celui du Roman de la Rose. Angelus Silesius fait de la rose l’image de l’âme, celle aussi du Christ, dont l’âme reçoit l’empreinte. La rose d’or, autrefois bénie par le Pape le quatrième dimanche de Carême, était un symbole de puissance et d’instruction spirituelles Mais aussi sans doute un symbole de résurrection et d’immortalité. La rosace gothique et la rose des vents marquent le passage, du symbolisme de la rose à celui de la roue. 
 
Il faut enfin noter le cas particulier, en mystique musulmane, d’un Saadi de Chiraz, pour qui le Jardin des Roses est celui de la contemplation : « J’irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m’a enivré. » Langage que la mystique chrétienne ne refuserait en aucune manière, en commentaire du Cantique des Cantiques sur la rose de Saron. La rose, par son rapport avec le sang répandu, paraît souvent être le symbole d’une renaissance mystique : sur le champ de bataille où sont tombés de nombreux héros, poussent des rosiers et des églantiers… 
Des roses et des anémones sont sorties du sang d’adonis tandis que ce jeune dieu agonisait… Il faut, dit Mircea Eliade, que la vie humaine se consume complètement pour épuiser toutes les possibilités de création ou de manifestation ; vient-elle à être interrompue brusquement, par une mari violente, elle tente de se prolonger sous une autre forme : plante, fleur, fruit. Les cicatrices sont comparées à des roses par Abd Ul Kadir Gilani, qui attribue à ces roses un sens mystique.

 
F. Portal admet que la rose et la couleur rose constitueraient un symbole de régénération du fait de la parenté sémantique du latin rosa avec ros, la pluie, la rosée. La rose et sa couleur, dit-il, étaient les symboles du premier degré de régénération et d’initiation aux mystères. L’âne d’Apulée recouvre la forme humaine, en mangeant une couronne de roses vermeilles que lui présente le grand prêtre d’Isis. Le rosier, ajoute cet auteur, est l’image du régénéré, comme la rosée est le symbole de la régénération. Et la rose, dans les textes sacrés, accompagne bien souvent le vert, ce qui confirme cette interprétation. Ainsi dans l’ecclésiaste, il est dit : « J’ai grandi comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine ». L’olivier était consacré à Athéna et les roses suggèrent les mystères de l’initiation. En outre, les rosiers étaient consacrés à Aphrodite en même temps qu’à Athéna. La rose était chez les Grecs une fleur blanche, mais lorsque Adonis protégé d’Aphrodite fut blessé à mort, la Déesse courut vers lui, se piqua à une épine et le sang colora les roses qui lui étaient consacrées.
 
C’est ce symbolisme de régénération qui fait que, depuis l’Antiquité, on dépose des roses sur les tombes : les anciens nommaient cette cérémonie rosalia et tous les ans, au mois de mai, offraient aux mânes des défunts des mets de roses. Hécate, déesse des Enfers, était parfois représentée la tête ceinte dune guirlande de roses à cinq feuilles. On sait que le nombre cinq succédant au quatre, nombre d’accomplissement, marque le départ d’un nouveau cycle.
 
Au septième siècle, selon Bède, le tombeau de Jésus-Christ était peint dune couleur mélangée de blanc et de rouge. L’on retrouve ces deux éléments composants de la couleur rose, le rouge et le blanc, avec leur valeur symbolique traditionnelle, sur tous les plans, du profane au sacré, dans la différence accordée aux offrandes de roses blanches et de roses rouges, ainsi que dans la différence entre les notions de passion et de pureté et celles d’amour transcendant et de sagesse divine. Aux armes des religieuses, dit le Palais de l’honneur, on place une couronne – composée de branches de rosier blanc avec ses feuilles, ses roses et ses épines –  qui dénotent la chasteté qu’elles ont conservée parmi les épines et les mortifications de la vie.
 

La rose est devenue un symbole de l’amour et plus encore du don de l’amour, de l’amour pur. La rose comme fleur d’amour remplace le lotus égyptien et le narcisse grec. Les roses celtiques, vivaces et fières, non dépourvues d’épines et lourdes d’un doux symbolisme. Notons celle du Roman de la Rose, dont Guillaume de Lorris el Jean de Meung font le mystérieux tabernacle du Jardin d’Amour de la Chevalerie, celle de rosa mystica des litanies de la Vierge, les roses d’or que les Papes donneront aux princesses méritantes, enfin l’immense fleur symbolique que Béatrice montre à Dante sincère et fidèle parvenu au dernier cercle du Paradis, rose et rosace à la fois. Béatrice qui apparaissait si proche, dans la Vita Nuova, vêtue de rouge ou de blanc, apparaît aloors comme celle qui s’en est retournée vers une autre blancheur, vers la splendeur de la Rose céleste,  pour disparaître dans la région illuminée.
 
L’Amour paradisiaque sera comparé par Dante dans sa Divine Comédie au centre de la rose : au centre d’or de la rose éternelle, qui se dilate et va de degré en degré, et qui exhale un parfum de louange au soleil toujours printanier. L’Empyrée est semblable à un grand amphithéâtre, appelé Rose blanche ou Rose céleste. L’Empyrée est le lieu où se déploie l’immensité resplendissante de la Rose céleste, séjour éternel de la béatitude et de l’amour divin. Béatrice est au Paradis plus belle, plus lumineuse et plus rayonnante que jamais parce qu’elle s’en est retournée vers une autre blancheur, vers la splendeur de la Rose céleste pour disparaître dans la région illuminée.
Blanche ou rouge, la rose est une des fleurs préférées des alchimistes dont les traités s’intitulent souvent rosiers des philosophes. La rose blanche, comme le lys fut liée, à la pierre au blanc tandis que la rose rouge fut associée à la pierre au rouge. La plupart de ces roses ont sept pétales dont chacun évoque un métal ou une opération de l’œuvre. Une rose bleue serait le symbole de l’impossible.

Publicités

A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
Cet article, publié dans Arc-en-ciel, Développement personnel, Développement spirituel, Esotérisme musical, Hexagramme, Observation de soi, Quadrant, YI King, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s