La clé des sons

Echo et Narcisse
Echo vient du grec èchéô : résonner, retentir, faire un bruit réverbérant, multiplié comme un ch±ur (foule, océan), à timbre enrichi (trompette) ; achéô est un verbe de même signification. Son homonyme signifie  » être affligé « . De même en hébreu, HaD (écho) est proche de HaDABaH qui signifie l’action d’attrister ou d’affliger. La racine arabe HaD signifie également le deuil. Mais aussi la limitation, le fait de mettre un terme ou de définir les sons aigus, perçants. Le mot arabe pour écho (aussi pour son, retentissement) est SaDA : il s’agit aussi de crédibilité ; et encore : chanter, crier. En anglais échoic word a depuis 1880 le sens d’onomatopée (Murray) : le mot évoque la chose, vestige fantomatique en son absence… Voici donc les contours archaïques d’un tel signifiant : son, répétition, réponse, retentissement, crédibilité, définition, délimitation, deuil…

Les mythologies

Dans son enfance, par son incessant bavardage, Echo détournait l’attention d’Héra sa mère, la femme de Zeus. Et ce dernier la trompait. Mais Héra découvre ce manège, et la condamne à ne plus rien dire : plus de parole, ne lui reste que la voix et seulement de répéter. Ainsi, le moment venu, cette fille de l’air ne peut-elle avouer son amour à Narcisse ; elle fuit donc dans la solitude et l’anorexie. Elle maigrit tant qu’il ne lui reste que la voix et les os. La voix pour répéter les derniers sons entendus, les os réduits à celui de l’oreille : le rocher… Double déréliction : condamnée par la mère, demanderesse sans retour…

Echo est une des nymphes qui passent leur vie à filer et chanter dans leurs grottes. Comme Pénélope… sans fin…  » Nymphè  » signifie  » celle qui est recouverte ou voilée « , autrement dit : la jeune mariée, avant la nuit de noces qui lui fera perdre sa virginité. Dans l’argot de l’époque, il s’agissait du sexe féminin et plus précisément du vagin recouvert de son  » hymen « . Mais Echo se ferme à l’amour de Pan, épris de sa belle voix, qu’il eût voulu faire gémir. Les bergers (vengeance de Pan) la mettent en pièces et dispersent ses morceaux…

Nous ne pouvons saisir le mythe d’Echo sans approcher Narcisse ! Narcisse est fils de Céphyse quand il viola Liriopé ( » celle qui est voilée par les broussailles « ) : il est donc le fils de la défloration virginale, si tant est qu’elle eut lieu (fils d’une vierge-mère, d’une maman pure, absolument pas putain). La fontaine toute pure, toute fraîche, toute vierge, où Narcisse devint amoureux de son image jusqu’à s’y noyer, est appelée précisément Liriopé : le miroir de Narcisse, alors même que Pausanias déclare qu’il y cherchait sa s±ur jumelle morte, n’est autre que sa mère et la mort (Styx) (Moreri, art. Narcisse)…

Le juste châtiment de cet excès d’amour entre mère et fils sera scellé par la fille de la nuit déguisée en oie blanche (Ovide III, 405). Le destin de Narcisse sera de mourir à 16 ans, s’il se connaît, s’il se voit dans la fontaine, sa source, sa mère. Destin renouvelé de tous les enfants rois venus sans le désir à deux. Il se perd dans l’image parfaite et sans faille que lui renvoie sa mère. Alors se cupit inprudens : il se désire, imprudent, imprévoyant, le regard en arrière, le désir fixé sur le passé, tout comme la femme de Loth… (ou la Belle au Bois Dormant !) il se statufie ! Il se métamorphose en Golem ! Il dormira cent ans ou pour toujours sous les yeux de l’Amour… Il ne reste de lui que cette fleur au c±ur jaune et aux pétales blancs qui porte son nom et que Dolto ressuscitera avec ses poupées fleurs. C’est une plante à dormir (narkè) dont la forme avec son périanthe jaune soudé (phallique) et sa couronne blanche épanouie (vulvaire) suggère l’union impossible d’un sexe hermaphrodite avec lui-même…

Les mythes concernant la musique revêtent sans cesse, selon Mâche (1983), un déroulement commun avec les étapes suivantes : traversée : risques mortels ; musique ; plongeon ; secours divin ; arrivée à bon port. Cette structure renvoie à la mort et à la renaissance et, plus simplement, à l’évocation de la naissance en tant que prototype de tout changement. Le plongeon, l’eau, représentent à la fois le risque, la petite mort que comporte toute expérience vraiment autre ; ils renvoient sans doute aussi à quelque mémoire archaïque de la vie utérine avec les sons qui l’habitent. Ce retour au sein maternel explique sans doute le sentiment de toute-puissance que les mythes accordent à la musique, source de l’aide divine et du salut.

Cette mort, cette renaissance, n’est-ce pas la métaphore du processus de symbolisation et de sublimation : abandon des formes contradictoires et mortifères de l’imaginaire, mort symbolique, changement de but pour une énergie pulsionnelle inchangée. Les forces mauvaises deviennent des dauphins secourables, le  » dieu du Dithyrambe, celui qui a franchi deux fois les portes de la mort, exerce sa puissance de salut même sur ses ennemis : il fait servir au bien, par un changement de signe inespéré, et immérité, même les pulsions mauvaises « .

PREFACE du Pr Jean-Claude RISSET
Médaille d’Or du CNRS

 

1) ECOUTE !

(Anatomie et Physiologie : L’écoute est une action)

 

mise à jour
en cours

2) LES COUPS DE GENIE

(L’Ecoute du berceau à la Tombe)

2 bis) Diaporama « Le développement de l’écoute » (CHU Dijon, Mai 2007)

2 ter) Diaporama « Le développement de l’écoute » (Freccap Bordeaux, Juin 2008)

2 quatro) Dois-je parler à mon bébé ? (Points Clefs de la participation du Dr Bernard Auriol au débat animé par Bérengère Lou sur Parenthèse-Radio / La Cigogne)

 

3) AU SEUIL DE L’ECOUTE

(Mesure de l’Ecoute : Audiogramme)

 

4) ECOUTER LES DIFFERENCES

(discrimination des hauteurs et des durées)

 

5) LE CHANT DES SIRENES

(Effets du son sur l’être humain)

 

6) LES DEUX ECOUTES

(Genèse de la latéralité et ses échecs)

 

7) LES SONS PROFERES

(Les émissions sonores)

 

8) POUR CHANGER D’ECOUTE

(Les Appareils Modificateurs de l’Ecoute)

 

9) POUR QUI ? POUR QUOI ?

(Indications et Pistes d’usage)

 

10) ECOUTE et Co

(Mythologie : Echo et Narcisse)

 

11) LE SON AU SUBJECTIF PRESENT

(au sujet de la soumission à l’écoute)

 

12) LE CORPS DE L’ECOUTE

(chakras et audiogramme)

 

13) ECOUTE ! ECOUTE !

(oser psychanalyser l’écoute)

 

14) BIBLIOGRAPHIE

Annexe : TOMATIS

Rayonnement : Festival annuel « La Clé des Sons » (alias « La Clef des Sons »)

A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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