Le Respect

J’espère être en mesure de me comporter à l’avenir en accord avec les propos qui vont suivre.

Nous sommes ici tous porteurs d’une histoire différente qui peut être pondéreuse. La peccadille de l’un est le fardeau d’un autre.
J’ai participé avec une certaine fureur à des fils too hot to handle sur ce forum en jouant avec la ligne rouge du banissement. je suis par nature enthousiaste, et l’âme damnée de l’enthousiasme est la passion. Cependant, j’ai fini par adopter un ton différent, alors même que ma passion demeure. j’ai décidé (j’allume des cierges dans l’espoir de m’y tenir) de MODÉRER le TON de mes propos, non de me censurer.
Cet effort que je fais, je le fais dans l’optique de garder à ces lieux une certaine atmosphère favorable au partage.


Mais je constate que mes détracteurs d’hier ont rarement fait ce travail sur eux-mêmes, y compris certains modérateurs.
Je m’interroge donc sur les racines du respect.
Ma réflexion m’a amené à comprendre que la racine du respect, c’est l’humilité.
Un surdoué ne sait pas tout, ne peut pas tout et n’est pas une personne inamovible éternellement campée sur sa vérité. C’est comme chacun un être en devenir perpétuel.
J’ai compris que le message que je ne parviens pas à faire passer aujourd’hui, je pourrais peut-être le partager demain. Que je n’ai pas à m’investir corps et âme pour modifier quiconque, mais simplement que je peux avoir une influence bien plus efficace si je me contente d’ENRICHIR par ma réfléxion tel échange en cours. Le respect, c’est accepter qu’untel A CE MOMENT PRÉCIS en est là, mais que sa position présente n’est pas figée à jamais.
Le respect consiste à tenir compte de la liberté de l’autre. Y compris sa liberté d’être dans l’erreur. L’erreur est l’étape obligée vers sa correction éventuelle à venir. Ainsi en respectant la position temporaire d’untel, je favorise pour lui la possibilité d’une évolution ultérieure.
Je refuse de l’enfermer dans un donné qui serait lui aussi figé.
Parmi les VIOLENCES que je perçois de manière aigüe, il y a l’ironie qui tue la parole de l’autre, qui le nie et le méprise. Je sais que le grand journal par exemple a habitué toute une génération de mômes à tout moquer, mais j’ai des doutes sérieux sur la fécondité de cette attitude.
Le respect, c’est de ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse.
Je ne peux dévaluer TOUTE la parole d’un interlocuteur sous prétexte que je suis en désaccord sur UN point de ce qu’il avance.
Le respect, c’est mettre l’épée au fourreau: que gagnerais-je à blesser mon interlocuteur ? Une crispation des positions qui produira l’effet inverse de celui escompté.
Le respect commence quand je fait l’effort de voir en l’autre ce qui est BON. Il n’est pas tout entier dans l’affirmation qui nous divise.
L’ACCEPTATION quant à elle consiste à ne pas harceler cet interlocuteur. Si l’heure d’un échange amical n’est pas encore venue, je me mets en attente d’une opportunité éventuelle pour relancer la discussion: forcer sur la serrure à un moment inopportun ne fera que la bloquer davantage.
Je ne connais pas la plupart du temps mon « adversaire »: je ne sais rien des traumas qui ont pu l’amener à adopter une attitude défensive, aussi je n’appuierai pas là où ça fait mal quand j’observerais une soudaine crispation. Notre intelligence devrait être visible d’abord dans notre manière de communiquer: c’est la seule chose que nous faisons ici.
Accepter de perdre la face – cela rejoint l’humilité. Si la discussion est bloquée et que la mauvaise foi s’en mêle, lâcher prise quitte à sembler prendre la fuite. Tout pratiquant d’art martiaux sait que la première chose à faire en cas de bagarre de rue, c’est fuir.
Front contre front, rien n’avance. Je me retire, c’est à dire que je laisse ouvert l’espace d’échanges futurs, redevenus possibles quand le soufflet sera retombé.
Accepter, c’est aussi ne pas se jeter à corps perdu dans un fil mal engagé dès le départ. On préserve et on se préserve ainsi.
Je dois mesurer l’importance que mon interlocuteur accorde à ses propres propos: il y a des aveux (même inconscients) qui méritent de ma part une écoute bienveillante et ne justifient pas que je m’improvise soudain professeur.
Nous sommes tous tentés d’enseigner, mais plus ça va plus je me rends compte que la seule chose qui légitime cette attitude, c’est une demande dans ce sens. S’enseigner les uns les autres, ce n’est pas dialoguer. Certains laissent tomber des affirmations abruptes et sans appel qui peuvent nous blesser. Dans ce cas deux choses sont envisageables: soit ne pas répondre, soit demander « désires-tu en parler ? ». Se jeter à corps perdu dans une polémique, c’est la certitude de perdre la possibilité de défendre pour longtemps son point de vue !
Je ne connais le cœur de personne. J’ignore si par exemple un interlocuteur qui me paraît totalement braqué ne va pas à tête reposée repenser chez lui aux échanges que nous avons eu et quels effets cette réflexion peut produire sur sa pensée. Il faut éviter de croire que tout changera, mais surtout que tout changera VITE. « La hâte est mère de l’échec » dit le philosophe.
Il faut renoncer à vouloir faire d’autrui une extension de soi: converser et convaincre, ce n’est pas la même chose.
Con/versation (verser ensemble) ≠ à contro/verser (verser contre). Je n’ai JAMAIS vu une controverse se conclure par une quelconque « victoire » !
Il s’agit d’apporter de l’eau au moulin, pas de déclencher un orage !
Il est possible et conseillé, quand on désire faire passer une idée d’exercer une influence par capillarité. Ce sera toujours plus efficace et pénétrant que des lâcher des scuds.

Je ne prétends pas par ce fil changer le monde, mais voilà, de manière simplifiée, exposé le point où j’en suis de mes conclusions.

Fata Morgana

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A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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2 commentaires pour Le Respect

  1. Sol dit :

    À MES AMIS.

    Mes amis, il y a eu des temps meilleurs que le nôtre : c’est un fait incontestable, et il y a eu des races meilleures : si l’histoire ne le disait pas, les milliers de pierres qu’on tire des entrailles du sol nous le diraient. Mais elle est éteinte, elle a disparu cette race privilégiée, et nous, nous vivons ; les heures sont à nous, et le pouvoir est aux vivants.

    Mes amis, il y a, selon le témoignage de ceux qui ont voyagé au loin, des contrées plus heureuses que la terre où nous habitons ; mais si la nature nous impose de nombreuses privations, l’art du moins nous est propice, notre cœur se réchauffe à son foyer. Si le laurier ne croît point sur notre sol, si le myrte ne résiste point à nos hivers, nous voyons du moins reverdir, pour couronner nos fronts, le gai feuillage de la vigne.

    Que l’on vante le mouvement de ce pays où quatre mondes échangent leurs trésors, la richesse de la Tamise, marché de l’univers ! Là viennent des milliers de navires, là on voit toutes les choses précieuses, là règne l’argent, Dieu de la terre. Mais là, le rayon de soleil ne se reflète pas dans l’eau des torrents, dans le miroir paisible des ruisseaux.

    À la porte des anges, le mendiant est plus splendide que nous autres hommes du Nord, car il voit Rome, la ville éternelle, la ville unique. Une éclatante beauté l’environne, un autre ciel lui apparaît dans le dôme merveilleux de Saint-Pierre ; mais avec tout son éclat, Romme n’est que le tombeau du passé ; il n’y a de vie que dans la plante fraîche qu’une heure propice fait éclore.

    Ailleurs, il se passe de plus grands événements que dans le cercle restreint de notre vie ; mais plus rien de nouveau sous le soleil. Nous voyons s’enfuir devant nous la grandeur de tous les temps sur les tablettes de l’histoire du monde. La vie n’est qu’une répétition des mêmes choses ; la fantaisie seule est toujours jeune. Ce qui n’a jamais été nulle part, cela seul ne vieillira jamais.

    Friedrich Schiller

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