No blame, no blème…

La Voie du Blâme

Sept principaux Chakras et Dix Solutions

Tempérance et Voie du Blâme

Au sein des courants de la mystique musulmane des IXe et Xe siècles, deux grands mouvements s’opposent fondamentalement la Voie du blâme et la Voie du soufisme.

Les Malâmatiyya – les Hommes du blâme – qui tiennent en suspicion le moi haïssable, pourchasseront impitoyablement toutes les formes de la complaisance, principal obstacle au progrès spirituel.
Le texte arabe de l’Epître des Hommes du blâme – qui n’avait encore jamais été traduit en français – expose la doctrine des Malâmatiyya, pour qui la vie spirituelle doit rester à l’abri des regards, les adeptes devant cacher leur foi dans un abaissement volontaire qui peut aller jusqu’à la recherche de la mauvaise réputation.

La vie spirituelle, on le sait, est tissée de paradoxes, et elle en tire même sa pertinence, sous le regard parfois médusé des profanes. Dans l’histoire de la sainteté en islam, nul davantage que les Malâmatis n’a illustré ce phénomène. Ceux-ci poursuivent un but unique, qui est de préserver la sincérité et l’intimité de leur relation à Dieu, toujours susceptible d’être corrodée par la relation humaine horizontale. Cette exigence d’authenticité a emprunté deux voies chez les Malâmatis, deux modalités en apparence opposées. L’une consiste à chercher l’anonymat en s’occultant dans la société. Cet effacement place le Malâmatî dans la perspective de la servitude absolue (al-‘ubûdiyya), et constitue pour beaucoup d’auteurs soufis les prémisses de la sainteté (walâya). L’autre attitude part du principe que « celui qui est agréé par Dieu ne doit pas l’être par les hommes »

Le Malâmatî qui suit cette logique cherche donc à s’attirer le blâme (malâma) des humains qui l’entourent en transgressant ostensiblement mais en apparence seulement la Loi islamique ou la norme socio-religieuse établie (takhrîb al-zawâhir). Dès lors, il n’apparaît plus comme un saint aux yeux des hommes, mais comme un imposteur et un être satanique. Certains savants musulmans, notons-le, ont justifié de tels comportements, considérant que « commettre certains interdits est moins nuisible pour l’âme que l’infatuation de soi-même (al-‘ujb) et les autres grands péchés (kabâ’ir) que la vie en société suscite »

Selon le Tarot de la Dissolution, la Voie du blâme se réfère au trigramme,       le Ciel
Les méthodes de Gurdjeff visaient à promouvoir l’auto-observation et « le rappel de soi » afin que ses élèves sortent, selon lui, de leur profond sommeil et deviennent conscients de leur vrai moi. Alors seulement, ils cesseraient d’être des machines humaines. Ce concept de rappel de soi était selon lui la clé d’une vraie vie, d’une conscience réelle du vrai moi. Sans cette capacité de « rappel de soi », de conscience totale et libre, un homme ne serait qu’un ensemble de réactions automatiques programmées par son éducation, ses acquis et son illusion de choix, soit une véritable « machine » quelle que soit son envergure intellectuelle.
Au niveau du pronom personnel, la Voie du Blâme se réfère à la Voie des 36 Stragèmes

Ici la  Voie du blâme vient de la conscience du JE SUIS

Ne cherche pas de secours  auprès d’un autre que toi-même.
Le remède de ta blessure est cette blessure elle -même.
(Rumi)

Ici la  Voie du blâme vient de la conscience du Moi-Je

 Bien des mystiques, ne prenant pas au sérieux le monde, ont voulu éviter d’être pris eux-mêmes au sérieux, ce qui est parfaitement dans la ligne de l’annihilation

Ici la  Voie du blâme vient de la conscience du Moi-Je

No blame, no blème, sur l’Oeuf aurique

A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
Cet article a été publié dans Alchimie, Arcanes majeurs, Développement personnel, Développement spirituel, Observation de soi, Sentiers, Trigramme, YI King. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour No blame, no blème…

  1. Sol dit :

    « Rien de ce que vous deviendrez ne pourra me décevoir; je n’ai aucune attente à propos de qui vous êtes ou de ce que vous faites. Je n’ai pas le désir de vous juger, simplement de vous découvrir. Vous ne pourrez jamais me décevoir. »
    – Mary Haskell

    J'aime

  2. Sol dit :

    Malamati

    De l’arabe « malâma », le blâme, la critique. Terme technique de la spiritualité soufie. Le malâmati est un soufi qui par souci de sincérité va faire exprès d’avoir un comportement presque contraire à ce qu’il est vraiment même si ça doit lui causer des ennuis et le discréditer publiquement. Cette attitude singulière basée sur le rejet de tout formalisme ou extériorité de la spiritualité se développa à partir du Khorassan (Nord-Est de l’Iran) au IXe siècle. ‘Abd’l Rahmân al-Sulami (936-1021) qui en fut l’un des principaux protagonistes dit que « La voie du blâme » (Malâmatiyya) consiste « à ne montrer rien de bien et ne cacher rien de mal. »

    J'aime

  3. Sol dit :

    « Voici ce que tu feras :
    aime la terre, le soleil et les animaux,
    méprise les richesses,
    fais l’aumône à qui la demande,
    consacre ton argent et ton travail aux autres,
    hais les tyrans, ne discute pas de Dieu,
    aie patience et indulgence pour les autres […],
    réexamine tout ce que tu as appris à l’école ou à l’église
    ou dans les livres et rejette tout ce qui insulte ton âme.
    Alors ta chair deviendra un grand poème
    et aura la plus belle éloquence,
    pas seulement dans ses mots,
    mais dans les plis de tes lèvres et de ton visage
    et jusque dans les mouvements de ton corps. »
    (Walt Whitman)

    J'aime

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s