Foi, Connaissance, Amour


Toute pensée émet un coup de dés.
Stéphane Mallarmé
« Il n’y a pas de foi sans aucune connaissance, sans aucune foi ». En climat sémitique, on fait grand cas de l’incompatibilité entre la connaissance et la foi, et de la prééminence de la seconde, au point de vouer au mépris la première et d’oublier que dans la Relativité l’une ne va pas sans l’autre. La connaissance est la perception adéquate du réel, et la foi est la conformité de la volonté et du sentiment à une vérité imparfaitement perçue par l’intelligence; si la perception était parfaite, il serait impossible au croyant de perdre la foi.

Mais la connaissance théorique, même parfaite et par conséquent inébranlable, exige toujours un élément volitif qui contribue au processus d’assimilation ou d’intégration, car nous devons « devenir ce que nous sommes »; et cet élément d’intensité, relève de la foi.

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Inversement, il y a toujours dans la foi religieuse un élément de science qui la détermine car pour pouvoir croire, il faut savoir à quoi on doit croire. C’est la connaissance, ou l’élément vérité qui donne à la foi toute sa valeur, sans quoi nous pourrions croire n’importe quoi, pourvu que nous croyions ; ce n’est qu’en fonction de la vérité que l’intensité de notre foi a un sens. Et fort paradoxalement, c’est la prédestination qui nous fait choisir librement la vérité et le bien sans liberté point de choix. La prédestination, en dernière analyse est tout ce que nous sommes.

Le Catholicisme et l’Orthodoxie ont accordé la précellence à l’amour, tandis que l’Evangélisme a voulu accentuer la foi ; amour avec foi dans le premier cas, foi avec amour dans le second.

L’amour est d’une part votre tendance vers Dieu – la tendance de l’accident vers la Substance – et d’autre part notre conscience du « moi-même » dans l’autre, et de « l’autre » en nous –mêmes ; c’est aussi le sens de la beauté, au dessus de nous et autour de nous et dans notre propre âme.

La foi, elle, c’est dire « oui », à la vérité de Dieu et de l’immortalité, – cette vérité que nous portons au fond de notre cœur, c’est voir en concret ce qui parait abstrait; c’est « servir Dieu comme si tu le voyais, et si tu ne le vois pas, lui pourtant te voit » ; et c’est aussi le sens de la bonté de Dieu et la confiance en la Miséricorde.

Qui a la foi, a la bonté, et qui a l’amour, a la beauté ; mais en même temps, chacun des pôles contient l’autre. Nous sommes les accidents et la Substance est Beauté, Bonté et Béatitude.

Amour et foi : l’un comme l’autre est une porte vers la connaissance, et celle-ci à son tour engendre et la foi et l’amour.

L’amour débouche sur la gnose parce qu’il tend vers l’union ; la foi débouche sur elle parce qu’elle se fonde sur la vérité ; aimer c’est vouloir s’unir, et croire, c’est admettre ce qui est vrai et devenir ce qu’on admet

Boris Mouravieff  Gnosis
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A propos Sol

Hissons haut les Coeurs Heureux y sont les Sensibles Malheureux y sont les Résistants Intolérés y sont les Tolérants
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2 commentaires pour Foi, Connaissance, Amour

  1. ocanocean dit :

    « Dans le paradis de l’Âme sacrée, ce qui réjouit à jamais le coeur des Amis, c’est l’eros et l’Amour Divin, parce que cet Amour est dans la pré-éternité et à jamais l’effet produit par la Beauté incrée. Irrémissible dans les deux mondes, ni au sens propre, ni au sens figuré, car la Face en est Dieu Lui-même, source inaltérable, intarrissable. » Ruzbehan.

    « Je te vois, je t’aime
    Je te vois, je me souviens que je t’aime. »

    J'aime

  2. Piling dit :

    La vie conduit à la mort. La mort débouche sur la vie. Qui donc connaît l’ordre qui préside à ce cycle de vie et de mort ? L’homme naît d’une condensation du souffle. C’est le souffle qui en se condensant produit la vie et le même souffle qui, en se dispersant, amène la mort. Si la mort et la vie s’accompagnent ainsi, quel malheur y a-t-il pour nous ?

    A vrai dire, tous les êtres du monde ne font qu’un. Ce qu’on trouve beau est considéré comme miraculeux et merveilleux, ce qu’on trouve laid est considéré comme puant et pourri. La vérité est que la puanteur et la putréfaction se métamorphosent en miracles et en merveilles, et que le miracle et le merveilleux se métamorphosent en puanteur et en putréfaction. C’est pourquoi il est dit : « Il n’y a dans l’univers entier qu’un seul et unique souffle, aussi le saint vénère-t-il l’unité.

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