Il était une fois

Il était une fois un apprenti de la vie que nous appellerons le néophyte, le Mat ou le Fou, c’est peut-être un Dieu à la recherche de ses papiers d’identité, c’est une sorte de clodo qui erre sans but. Il a juste un bâton pour la castagne, car on ne sait jamais … les gens sont si méchants, et aussi pour tâter le terrain marécageux de la vie.

Tout ce qu’il a est dans son p’tit baluchon. Il est libre, alors les bourges ne l’aiment pas et lâchent leurs Pit-bulls après lui. Mais lui il a tout tout lu sur les hippies alors il ne pense plus qu’a une seule chose : exister.

Un jour rencontre un saltimbanque, le Bateleur (Arcane I), qui lui fait des tas de trucs qu’il ne connait pas encore car « Pif le Chien » et « Mickey » étaient trop chers pour lui. Comme tous les magiciens, le Bateleur étale ses richesses et son savoir.

Il sait répondre à toutes les questions, il est friqué et a tout ce que le Mat n’aurait même jamais osé croire qu’un seul mec pouvait avoir. Et il lui dit sournoisement : « Do you want to be like me ? » ou un truk comme ça. Comme il avait lu les bouquins de Rascal de Sermont, il ajoute : « Veux-tu savoir qui t’es, d’où tu viens, avoir un but dans ta misérable vie ?

Désires-tu la fortune, la gloire, la puissance, être comme si t’avais fait un six au lot(t)o ? Veux-tu savoir ? Va donc faire un tour dans le temple des Tarots et tout te sera révélé. »

Encore tout troublé, le néophyte s’amène dans une vieille baraque où il fait nuit noire.

Il y voit une meuf belle à vous foutre la pétoche (Arcane II, la Papesse qu’on l’appelle). Elle est assise sur un beau trône et lui dit : « T’as vu ce bouquin ? Ben dedans il y a les vérités de tous les hommes, la morale, la loi. Et derrière le rideau qui est derrière moi se cachent les vérités qui peuvent faire de toi encore pire que Super Man.

Veux-tu que j’entrouvre les rideaux ? — mais pour ça il te faudra me draguer comme un chef. Mais si tu regardes derrière le voile, c’est déjà comme si tu passais de l’autre côté. » Et le néophyte nique la Papesse et passe avec elle «de l’autre côté ». Quel pied ! C’est comme s’il reculait dans le temps, c’est tout comme un trip vers l’origine des choses.

Les gens se métamorphosent devant ses yeux, deux quidams s’avancent vers lui : l’Impératrice et l’Empereur (Arcanes III et IV) et ils lui parlent du temps et de l’espace. Il les reconnait, c’est sa Maman et son Papa, il s’identifie à eux, il pige enfin le secret de la Genèse, les pouvoirs du masculin et les pouvoirs du féminin. Il s’unit à eux et devient comme eux, il devient eux.

On l’amène alors devant le Pape (Arcane V). Celui-ci dit : « Maintenant, t’es un grand, t’es adulte. Fini tes trucs de beatnik et de te balader ainsi sans raison et sans but. T’as le choix. Quel sera ton but ? Celui du magicien ? Il est habile, mais le blé qu’il propose, le pouvoir et la notoriété ne sont que des illusions — il s’en est servi pour t’attirer. Ou alors tu peux choisir le Savoir ? Connaitre les secrets des hommes, et même ceux de la Terre. Tu veux aller plus loin, ou rentrer chez toi pour faire de la magie sur les ducasses ?

Si le néophyte continue vers la Voie, il doit passer une seconde cesse. (La première c’était la Papesse) et il passe en deuxième dans ses études et recherches. Il devient l’Amoureux (Arcane VI) devant lequel s’ouvrent deux voies symbolisées par deux femmes, et pas le contraire, aussi chouettes que différentes. Toutes les deux l’attirent. Et il reste devant elles et n’ose pas leur proposer la partouze pour pas tout gâcher, et pendant ce temps, au-dessus de sa tête, il y’a Cupidon qui attend pour tirer (alors que cet étourdi n’a même pas vu qu’il n’y avait pas de corde à son arc) et il est prêt à le descendre s’il ne fait pas le bon choix. Et d’un coup il a un flash ! C’est lui l’ange, l’arc et la flèche, les deux femmes et les deux voies, et tout en se promettant qu’après il ne fumera plus jamais un truc pareil, il s’unit avec tout le paquet : les deux meufs, l’ange et tout le reste.

Il s’accepte ainsi, I’m The King, hurle t’il tout triomphant sur sa deux chevaux de guerre (le Chariot, Arcane VII) tirée par deux étalons qui sont les deux faciès de son ego, le Bien et le Mal. Il a uni les contraires, résolu ses problèmes de dualité. Alors, comme le dirait Lolonibard, il commence son ascension vers les sphères supérieures. Il rencontre la Justice (Arcane VIII), une femme à te donner froid dans le dos et qui soupèse et qui taille après. Elle lui enseigne l’équilibre : les deux plateaux de sa balance ne bougent jamais, rien dans le monde ne se perd, et en plus il n’y a rien qui se crée, il n’y a pas plus de justice que d’injustice, mais un ordre secret, qui nous régit à l’insu de notre plein gré ; action-réaction et tout mouvement finit toujours par s’annuler.

Et le néophyte comprend que le destin s’amuse avec lui, qu’à ses yeux il n’est pas plus qu’une vieille chique et il en fait une grosse déprime. Il se retire dans le désert, comme Blaine avant lui. Il se claustre et s’auto psychanalyse. Pour l’écran noir de ses nuits blanches, il dispose à présent d’une lampe de poche, et devient l’Ermite (Arcane IX). Il comprend que ça sert à rien de vouloir que ça change; les choses suivent leur karma sans qu’il soit possible d’y changer quelque chose.

Il apprend à économiser ses pas, à faire gaffe, à plus perdre son temps. Il plonge en son dedans. Et là, il a un flash (Arcane X). Il voit une roue gigantesque, comme celle de Vienne, qui tourne sans que personne ne touche à la manivelle, il y’en a qui montent et d’autres qui tombent. La roue tourne, elle s’en fout des cris et des pleurs (Le million, le million,…) : Tout au-dessus y’a un pas beau couronné (ni homme, ni bête, ni Dieu) qui le regarde bizarrement ; et le néophyte se dit : «Y’a donc pas moyen d’éviter son destin, on ne peut-on pas être autre chose que ce que l’on est condamné à être ! »

Alors il fait du Yoga, du Taï Chi et du crochet pour apprendre à se dominer, à avoir le contrôle total de son être, à dompter le tigre qui est en lui et à s’en servir comme si c’était un cheval (Arcane XI).

Il apprend à se sacrifier, pour que ça change. Il devient le pur parmi les purs (Arcane XII). Il fini même par se pendre lui-même à un arbre, attention, pas con hein, rien qu’à un pied, la tête en bas, c’est bien la preuve que là il est en plein dans sa crise mystique. Et tout ça pour chercher la voie des Transformations.

Il en appelle la Mort (Arcane XIII), car elle signifie le changement. Et il devient sa propre mort. Il se coupe un pied pour se libérer de ses origines. Il fait une croix sur son passé.

Il est prêt à renaitre. Les lumières peuvent enfin être inversées (Arcanes XIV, la Tempérance). Alors maintenant il sait communiquer avec les sphères supérieures, passer d’un monde à l’autre. Il tient les deux pouvoirs entre ses mains et il les mélange. Il mène une existence céleste parallèlement à sa vie terrestre, il a franchi les limites spatio-temporelles.

Avec l’Arcane XV , il apprend le mode d’emploi des énergies qui ne sont pas faites pour les hommes. Il peut contrôler les forces de la nature et sait se protéger contre leurs ravages.

Maintenant, non seulement il sait se transformer tout seul comme un grand, mais il sait aussi agir sur les autres (la Maison-Dieu, Arcane XVI). II est prêt à prendre en charge la conduite des gens. Il casse tout : les temples, les administrations, les cultures mortes, c’est la liquidation totale pour rénovation totale. Il a fini son boulot. Il regarde les vases qui contiennent les deux pouvoirs et se dit qu’à présent il n’en aura plus besoin. Il se met à poil et jette à la poubelle tout ce qu’il a eu ou su.

Il verse l’eau des vases dans un fleuve, y’en a pas des masses, mais il fallait le faire parce qu’elle a sa place dans l’Univers (Arcane XVII, l’Etoile). Il devient le monde.

Et la Lune (Arcane XVIII) et le Soleil (Arcane XIX), alouette, c’est-à-dire qu’il a aussi bien les plus hauts pouvoirs masculins ou féminins, les êtres viennent de lui ou c’est lui qui les fait, il peut donner la vie ou il peut l’enlever.

Bien qu’il ait rencontré un tzigane heureux, il n’a pas encore croisé de Divinité (le principe premier) mais il a vu tous ses symboles. Si le Jugement est content de lui (Arcane XX) alors seulement et seulement alors il sera mis en sa présence pour contempler la réunion des quatre éléments, l’image même de la perfection, l’Etre,

l’Unité (Arcane XXI) des 4X4 et du gâteau quatre quarts. Et maintenant qu’il a tout fait ? Ben il redevient le Mat, le Fou, il repart (Arcane 0), et reprend la route en chantant : « Merde je tourne en rond, Merde je tourne en rond » (bis)

- Anonyme -

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Une réponse à Il était une fois

  1. Nathalie dit :

    Eh bien, eh bien…!

    L’anonymat me retire toute distribution de lauriers et de couronnes ( lame 21 ), même pas un ‘prix Nobel’ ou la ‘Croix d’ Honneur’ , c’est bien dommage !

    On en restera aux suppositions, le ‘Diplôme Des Lames Sans Vie ‘, ou la ‘Bataille de Cartes Marrantes ‘, le Tarot ( une fois de plus ) dans tout son Empire et sa Gloire….jusqu’ à sa propre décadence !
    C ‘est le revers des lames et l’inverse les cartes, qui pleurent de justesse et de finesse, quand la Roue tourne à l’envers.

    ‘ Ano est estim ‘, ( Néo Type )

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